.:Furyo Hideout:.




"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : Le Brigadier, Maximum The Hormone...
Je regarde : du design urban style
Je lis : L'intégrale de 100 bullets en VO et Les Forbans de Cuba, par Dan Simmons.
Je joue : à gére 10 000 urgences en même temps
Je mange : frais et bio
Je bois : de l'eau
Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : "Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité."
- le Qoeleth
Je rêve : (ne) pas, j'agis.
(mis à jour mardi 18 novembre 2008 à 19:32)

13/11/2004

13/11/04 - 17:18

Il y a au moins deux façons d'écrire.
Il y a l'écriture - travail, celle qu'on planifie, qu'on organise, qui consiste à faire le métier d'écrivain.
C'est l'écriture qu'on décide de démarrer le matin à huit heures, celle du lent et patient travail au bureau. C'est l'écriture des romans, des essais, des ouvrages qu'on dit sérieux. Celle qui nécessité un travail préparatoire sérieux avant de commencer le geste d'écrire : recherches documentaires, construction d'un plan, d'un scénario...
Et puis il existe une écriture dématérialisée puisque sans objet.
C'est d'abord l'écriture d'une histoire de vie, c'est la vie elle-même et la manière de la prendre.
De la recevoir et de la prendre.
De la surprendre.
La rédaction de quelques mots sur du papier n'en est que le point d'orgue silencieux, amoureux.

Cette écriture-là, on ne la prend par par vocation, on ne la choisit pas.
On ne la veut pas. Elle n'est ni métier ni activité. Elle est la soupape d'une marmite où bouillonne la vie qui ne va pas toute seule. Vivre ne va pas de soi. On peut avoir l'instinct de vivre et en même temps en éprouver la plus grande difficulté.
Il n'y a alors que l'écriture intérieure pour en faire la relecture, pour tenter de décrypter le sens de ce mal-être.
L'écriture intérieure, c'est le regard qu'on porte sur soi, sur soi chez les vivants. Sans lamentation. C'est se voir tel qu'on est, avec sa difficulté de vivre, et l'accepter. C'est abandonner la vie rêvée des autres pour se consacrer à la sienne, à l'acceptation de la sienne, pour se consacrer à dénouer l'écheveau de blocages qu'est la sienne.
S'improviser chercheur, s'évertuant à résoudre une problématique, en acceptant par avance de ne privilégier aucune hypothèse.

Naître, venir au monde, a pu se faire avec difficulté. Venir à la vie a pu, pour mille raison, ne pas être un éclair de joie. Et chaque matin, chaque réveil de notre vie nous le rappelle, avec son lot de peurs, de palpitations, de silence. Chaque petit matin est une coquille d'oeuf que l'on essaie de briser, nous laissant gluant quand on y parvient, empêtrés dans une gangue de fatigues, d'angoisses.
On va alors dans la vie comme le peintre allait au motif : on adopte la transparence qu'il faut pour ne pas gêner la vie qui vrombit tout autour de nous.
Pour admirer cette vie qui s'agite partout et dont on se sent si étranger, si incapable d'en être un des acteurs.
La transparence qu'il faut pour ne pas lui faire d'ombre, et pouvoir la regarder entièrement, l'embrasser du regard et de ses bras, sans bruit, surtout sans bruit. Sans risquer la moindre maladresse qui ferait fuir cette lumière de vie comme un daim effarouché dans la forêt.

La voilà ma façon d'écrire.
Elle est plus façon d'être que rédaction. Parfois la pression est intenable et je prends la plume. La douleur s'estompe alors et avec elle toute raison d'écrire. J'aurais préféré me passer d'écrire, et mener une vie plus facile, plus spontanée, plus banale.

Pierre Juste, lettres à quiconque,

commentaires

13/11/04 - 20:18

Clair, pensé, argumenté et sincère : en conclusion très intéressant comme réflexion. Merci.

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.