.:Furyo Hideout:.




"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : Le Brigadier, Maximum The Hormone...
Je regarde : du design urban style
Je lis : L'intégrale de 100 bullets en VO et Les Forbans de Cuba, par Dan Simmons.
Je joue : à gére 10 000 urgences en même temps
Je mange : frais et bio
Je bois : de l'eau
Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : "Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité."
- le Qoeleth
Je rêve : (ne) pas, j'agis.
(mis à jour mardi 18 novembre 2008 à 19:32)

12/10/2005

12/10/05 - 21:24

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,42-46.

Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous laissez de côté la justice et l'amour de Dieu. Voilà ce qu'il fallait pratiquer, sans abandonner le reste.
Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous aimez les premiers rangs dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques.
Malheureux êtes-vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. »
Alors un docteur de la Loi prit la parole : « Maître, en parlant ainsi, c'est nous aussi que tu insultes. »
Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt.

Ce soir, pendant la lecture de cet évangile j'ai pensé au synode actuellement réuni.
Une pensée pas très charitable.
Mais quand je vois la chasse qui s'organise contre l'homosexualité parmi les mouvements conservateurs de l'Eglise...je me dis qu'il y a bien des docteurs de la Loi qui chargent les homosexuels de fardeaux impossibles à porter...sans qu'eux-même ne touchent ces fardeaux d'un seul doigt.
Et des pharisiens j'en vois toutes le semaines dans des manifestations "pour la famille" (sous entendu catholique et hétérosexuelle)...

Seigneur, pourquoi n'entendent ils pas Ton évangile tout ces frères qui disent t'avoir dans leurs coeurs ???
Pourquoi se fondent ils sur des textes poussièreux comme le lévitique, que même nos frères juifs et musulmans n'appliquent pas, pour justifier leur haine ?

J'ai passé ma journée à prier le Seigneur, parceque je doute sur l'interprétation que j'ai de Sa Loi qui nous a été apportée par le Christ, qu'Il est amour et pardon, qu'Il nous aime tous comme nous sommes. Moi qui ne veut pas lui déplaire, je doute sur le fait d'avoir le droit d'aimer aussi un homme...péché grave aux yeux de ses ouailles enrubannées dans leurs toges...mais qui sont quand même la parole vivante du Christ sur terre.
D'un coté j'ai l'amour comme loi sacrée, simple...de l'autre j'ai des chicaneries fondées sur quoi ? Un non respect de l'altérité dit l'Eglise...d'après elle ce n'est pas le dessein de Dieu qui a créé l'homme et la femme pour qu'ils s'unissent.

Ce soir, à la messe, j'ai entendu un appel de la conversion des coeurs endurcis, à accueillir la parole divine au coeur de notre vie. C'est-ce que je souhaite faire, en toute humilité, par amour de mon Dieu.
Mais que dois-je comprendre ?
Dois-je m'amputer de la moitié de ma vie sexuelle, devenir abstinent du coté homosexuel ?
Ou puis-je aimer un homme, partager l'amour avec lui, lui faire don de mon corps, partager nos âmes ?

Si quelqu'un a une réponse, je veux bien l'entendre, moi, je suis paumé.

commentaires

12/10/05 - 21:26

Etre pd et croyant pourquoi pas -quoique...- mais être pd et pratiquer, ça ne peut ! il n'y a qu'un moyen : changer d'orientation sexuelle ou changer de religion...

12/10/05 - 21:38

Je ne suis pas sur que les choses soient aussi manichéennes...même chez les catholiques.

12/10/05 - 21:51

Ben malheureusement si surtout pour les cathos ! Je ne suis pas un pro des religions mais je crois que le bouddhisme tolère l'homosexualité...

12/10/05 - 22:54

Je n'en suis pas aussi sûr...

12/10/05 - 23:12

Bonsoir,


Le lama Denis qui dirige karma-Ling voit l'homosexualité comme un "sur-conditionnement". Les propos du Dalai-Lama ne sont pas clairs non plus sur cette question. On condamne encore à mort ou à la prison à vie, pour cette raison, dans certains pays bouddhistes, comme le Népal. Toutefois, le bouddhisme tibétain est si misogyne que ses règles monastiques considèrent qu'il est plus grave pour un moine de coucher avec une femme qu'avec un novice du même sexe. Cela reste tout de même une erreur à leurs yeux.

Pour trouver une vision positive de l'homosexualité, changeons de région.

Le bouddhisme japonais est en général plus accueillant à l'égard de l'homosexualité et lui réserve même des voies de réalisation spécifiques. Ainsi, dans "La Rosée sur le chemin de la montagne de l'amour des hommes", la non-dualité bouddhique est invoquée pour justifier la bisexualité. Pour Saikaku, l'homosexualité en vient à représenter la sexualité idéale et le support de la "réalité fondamentale". Dans nombre de voies, l'homosexualité est survalorisée :"L'amour des femmes est le mystère de la voie des Kamis, mais l'amour entre hommes est le mystère de la voie des Buddhas"(Yakeiyu shamisen, 1628). Les histoires abondent, qui montrent comment tel ou tel moine atteint le Nirvana suite à la rencontre amoureuse d'un jeune novice.

"En tout état de cause, il est indéniable que l'amour homosexuel était étroitement lié, dans l'esprit des japonais de l'Epoque Edo avec le bouddhisme ésotérique et, dans une moindre mesure, avec le Zen. Il faudra un jour reconsidérer sous cet angle l'esthétisme Zen" (Bernard Faure)

Le "saint patron" de l'homosexualité bouddhique japonaise est le bodhisattva Manjusri.

Mais incontestablement, ce qui épate le plus dans le bouddhisme, c'est le statut accordé à la transgression... Celui qui transgresse n'est pas forcément en-dessous de la loi et la transgression même peut être parfois perçues comme un acte sacré, le signe que l'on est passé au-delà de toute condition.

Une trés bonne source concernant le point de vue bouddhique sur la question est le livre de Bernard Faure, "les sexualités bouddhiques" aux éditions LE MAIL.

12/10/05 - 23:52

Cher Furyo,
Je n'ai pas de réponse toute faite. Je suis catholique pratiquant et homosexuel. L'homosexualité est une condition qui s'impose à nous, à moi. Je n'en suis pas responsable. Par contre après, tout dépend de ce qu'on en fait. L'homme étant souverainement libre par la volonté de Dieu, il choisit de faire le bien ou le mal, de se prendre pour Dieu en décidant tout par lui-même ou de s'en remettre à lui dans la confiance Je ne pense pas qu'il y ait d'autres religions monothéistes plus tolérantes. Il serait dommage de s'exclure de l'Eglise qui, si dure nous paraisse-t-elle, ne peut se renier elle-même ni renier le Christ, qui s'invitait chez les exclus et touchait les lépreux. Les homosexuels peuvent apporter leur fécondité à l'Eglise.
Comme toi, Furyo, je pense parfois devoir m'amputer d'une partie de moi pour être chrétien. Ce n'est pas la bonne question.
Que nous dirait le Christ aujourd'hui? Aux JMJ 1997, Jean-Paul II nous a envoyé bâtir le civilisation de l'amour: c'est encore ma lettre de mission aujourd'hui! Pour y parvenir, un évêque nous invitait simplement à continuer de pratiquer au quotidien ce que nous fîmes durant quelques jours: prières des heures, lectio divina (=méditation), sacrements, prières communautaires. Tu vis déjà cela cher Furyo. Je n'ai pas de réponse: seul le Christ peut te répondre, par son Eglise qu'Il a lui-même instituée et qui est comme la prunelle de ses yeux. Laisse-toi façonner par lui qui te connaît mieux que toi, vas l'ADORER devant le tabernacle sans rien dire d'autre que tu l'aimes et que tu lui rends grâce qu'Il t'aime. Vois aussi si dans ta communauté paroissiale, vous pouvez progresser en charité fraternelle.
Courage, Furyo, ton coeur est sincère,

Bruno

13/10/05 - 11:54

Vaste sujet s'il en est.
Mais je ne comprendrais jamais qu'un homme se soumette à une "loi" supérieure, qu'elle vienne dicter ses comportements de vie.
Pour moi l'homme doit être amour, sens commun et libre-arbitre. Et je ne vois pas l'utilité de la religion dans l'accès à ces notions.
Pourtant baptisé, catéchisé et communioné, les ressorts de la religion me semblent justement trop "humains" pour être... honnêtes.

13/10/05 - 17:39

"Moi qui ne veut pas lui déplaire, je doute sur le fait d'avoir le droit d'aimer aussi un homme...péché grave aux yeux de ses ouailles enrubannées dans leurs toges...mais qui sont quand même la parole vivante du Christ sur terre."

Pour moi c'est l'Eglise dans son ensemble, laïcs inclus, guidée par l'Esprit Saint, qui actualise la parole de Dieu exprimée dans la Bible.
Peut-être est-il temps de remettre en question la prétention de certains à détenir la bonne interprétation de la Bible....

Je ne pense pas qu'il faille attendre la bénédiction de la hiérarchie de l'Eglise. Tu risques d'attendre longtemps. Si leur position te semble contraire au Christ, choisis le Christ.

Ton frère,
Jean-Marc

14/10/05 - 00:13

La loi...
en fait, il est intéressant d'attendre une loi qui ne nous plaît pas toujours. Cela nous rappelle que nous ne sommes ni Dieu, ni le centre du monde.
Le Pape Jean XXIII disait qu'il essayait de faire chauqe jour une chose qu'il n'avait pas envie de faire.
Si l'Eglise ne me remet pas en question, qui le fera?
Jésus en son temps a toujours été en porte à faux avec la loi:" la loi est faite pour l'homme et non l'homme pour la loi". Bien sûr nos convictions sont différentes, mais s'il y a des chrétiens aujourd'hui, c'est bien grâce à l'Eglise, que le Christ a institué avec des Apôtres imparfaits, leur successeurs les évêques imparfait, pasteurs d'un peuple imparfait: moi le premier. C'est seulement ensemble et avec la grâce de Dieu que nous pouvons, avec nos charismes complémentaires, que nous pouvons faire grandir l'Eglise en sainteté à laquelle nous sommes appelés. Le Pape a d'aiilleurs comme titre officiel "serviteur des serviteurs de Dieu"...tout un programme...qui nous concerne aussi!
Courage, en union de prières,

Bruno

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.