.:Furyo Hideout:.




"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : rien, je n'ai pas envie...
Je regarde : rien, pas le temps...
Je lis : mes comics en retard...
Je joue : à faire le chat
Je mange : frais et bio
Je bois : de l'eau et des vodka-pomme
Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : doucement.
Je rêve : à plus de paix...
(mis à jour lundi 1 septembre 2008 à 01:05)

25/04/2006

25/04/06 - 20:28

Le texte sur l'immigration inquiète les responsables chrétiens

Le Conseil d'Eglises chrétiennes en France a écrit au Premier ministre, Dominique de Villepin, pour lui faire part de son "inquiétude" sur le nouveau projet de loi sur l'immigration de Nicolas Sarkozy.

© Reuters
Source : [www]

Parallèlement, le collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable" a décliné une offre de dialogue du ministre de l'Intérieur, estimant qu'elle devenait inutile alors que le projet de loi est déjà "bouclé".
Nicolas Sarkozy doit défendre la semaine prochaine au Parlement un texte censé privilégier "l'immigration choisie" par rapport à "l'immigration subie" et qui durcit les conditions d'entrée et de séjour en France.

"Nous sommes toujours prêts à en débattre, mais pas dans de telles conditions. Ces questions requièrent un débat public, que seul le retrait (du texte) permettra", explique le collectif rassemblant des associations de défense des droits de l'homme.

Dans leur lettre au Premier ministre, le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la conférence des évêques de France, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la fédération protestante de France, et Mgr Emmanuel, de l'Assemblée des évêques orthodoxes, s'alarment du sort réservé à "tant d'hommes et de femmes à la situation fragile".

Concernant les sans-papiers, estimés à "plusieurs centaines de milliers de personnes", les responsables regrettent que le projet ne contienne que des dispositions visant à "restreindre encore les possibilités de régularisation".
"Ce signal restrictif nous inquiète dans la mesure où il ne pourra que maintenir dans la précarité administrative et sociale de trop nombreuses personnes", écrivent-ils.
Autre sujet d'inquiétude : les mesures visant à retarder le regroupement de familles étrangères et à laisser "des familles entières dans l'incertitude quant à leur possibilité de s'établir durablement en France".

Les responsables chrétiens déplorent également l'affaiblissement de la protection que la France doit, selon eux, aux demandeurs d'asile par l'établissement d'une liste des "pays d'origine dits sûrs".
De même, la généralisation du visa de long séjour ne trouve pas grâce à leurs yeux en raison de la "trop grande opacité" de sa délivrance dans les consulats de France à l'étranger.

Enfin, "la création de la carte de 'compétences et talents' risque d'entraîner une inégalité forte suivant les catégories de personnes", souligne la lettre au Premier ministre.

Un appel lancé lundi à l'initiative du Secours catholique, de la Cimade, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et du Service national de la pastorale des migrants, invite les chrétiens à "rappeler que l'homme doit toujours être au coeur de nos choix et la loi toujours viser à protéger les plus faibles".

Il dénonce notamment la suppression de la régularisation après dix ans de présence habituelle en France et le durcissement des conditions du regroupement familial.

25/04/06 - 13:07

Vu chez Ron l'infirmier...

Ca confirme ce que je pensais de ce tas de petits connards...



25/04/06 - 12:54

Dans les couloirs de la honte

Droits de l'homme . En grève de la faim depuis mardi, les étrangers du centre de rétention de Vincennes témoignent, par le biais de simples cabines téléphoniques, de leur situation.

« Depuis que je suis arrivé ici, j'ai des boutons sur tout le corps et le visage. »
Mais Mohammed (1) attend toujours d'être observé par un dermatologue. La voix très faible, cet Algérien végète depuis douze jours au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, où quelque 136 sans-papiers, sur 146, ont entamé une grève de la faim, mardi. Ils étaient encore plusieurs dizaines hier. C'est la deuxième grève de la faim dans cet établissement en quelques mois. Déjà, en novembre dernier, 26 personnes avaient cessé de s'alimenter pour protester contre les circonstances de leur arrestation, en plein état d'urgence. Aujourd'hui, les grévistes dénoncent des conditions de rétention et une politique à l'encontre des étrangers proprement inhumaines.

Racisme, insultes, violences

Algérien lui aussi, Karim réside en Italie en situation tout à fait régulière. Marié, âgé de vingt-quatre ans, il ne comprend toujours pas pourquoi il est enfermé. Au CRA depuis huit jours, il pense y rester encore une semaine. « Ma femme ne sait même pas que je suis ici. Elle n'a aucune nouvelle de moi, elle doit être très inquiète », confie-t-il. Peintre et maçon, il ne sait même pas s'il retrouvera son emploi à son retour. Ayant traversé les Alpes pour rendre visite à des amis, il s'est fait interpeller après un vol à l'arraché. Sur lui, sa carte de séjour et son permis de conduire italiens. Pas de passeport. C'est l'argument qui l'a conduit à Vincennes. Lui n'attend qu'une seule chose : se faire expulser au plus vite vers l'Italie et ne plus vivre dans « l'enfer ».

L'enfer, c'est le racisme, les insultes, la violence et les provocations au quotidien. « Hier, je faisais ma prière, un policier est rentré dans ma chambre et a piétiné mon tapis », témoigne un musulman pratiquant. Un autre raconte avoir été humilié par un policier. « Les Arabes, vous êtes des sales ordures. Vous devez partir de notre pays », lui aurait-on proféré devant ses collègues. Enfin, un troisième dit avoir été mis en cellule d'isolement et traité de « Ben Laden ».

Hocine ne sort plus de sa chambre

« Même certains policiers nous disent que beaucoup d'entre eux sont racistes », affirme Sofiane. Et de brosser les conditions de vie au CRA : « Ici, c'est horrible. Il y a de la saleté partout, la nourriture n'est pas bonne et il n'y a surtout aucun droit d'expression. Hier soir, j'ai vu quelqu'un se faire frapper au visage », dénonce ce Tunisien, en France depuis six ans et au centre depuis une vingtaine de jours. « Ma femme est française et enceinte de six mois. Je veux vivre ici », insiste-t-il. Hocine, lui, vient de Palestine, via la Syrie, la Turquie, l'Italie et la Grèce où il devrait être renvoyé dans les prochains jours, bien qu'il y ait déjà passé deux mois en rétention. Quand ? Impossible de le savoir. « Ils viennent nous chercher à 4 heures du matin, sans prévenir. On n'a même pas le temps de récupérer des affaires ni de se préparer. Des personnes disparaissent on ne sait où », accuse ce garçon de dix-neuf ans qui ne sort plus de sa chambre et n'a jamais vu le docteur qu'il réclame.

« On nous traite comme des animaux »

On signale aussi plusieurs cas d'expulsion vers un pays dont la personne n'est pas originaire. « S'il n'a aucun papier d'identité, un Algérien peut être envoyé en Tunisie », illustre Youcef. « Je n'ai jamais vu autant de misère, confirme Jallil. On est jusqu'à quatre ou cinq dans une petite chambre. Certains dorment par terre », poursuit ce Marocain, nourri au café et aux cigarettes depuis quatre jours. « On nous traite comme des animaux », résume un sans-papiers.

D'ores et déjà, le ministère de l'Intérieur a décidé de doubler la capacité du centre de Vincennes d'ici à la fin de l'année. Soit 280 places au total. Une décision contre laquelle la CIMADE, seule association habilitée à pénétrer dans les CRA, devrait déposer un recours. « Un décret limite le nombre de places à 140 mais l'administration contourne la loi en disant qu'elle crée un deuxième centre », explique l'association. Un deuxième centre, tout prêt du premier et avec la même direction.

C'est ce que Nicolas Sarkozy appelle « le respect des valeurs fondamentales de la République ».

(1) Tous les prénoms ont été changés.

Ludovic Tomas

23/04/2006

23/04/06 - 13:06

Un ptit Calcul : éteindre ou mettre en veille son écran ?

Un écran plat en veille consomme 3W. Cela fait 0.003*60=0.18kWh/h.

Si c'est l'écran de votre boulot, il est sans doute en veille 16h par jour en semaine, et 24h/jour le week end.

0.18*16*5 + 0.18*24*2 = 23.04kWh/semaine
23.04*52 = 1200kWh / an (si vous ne prennez pas de vacances et à quelques kilowatt près).

A prix du kwh de EDF (0.1057€ / kWh), ca représente 126€ (un "bon" restau par an quand même).

La production par une usine électrique d'un kwh produisait 818g de CO2, votre écran plat en veille provoque :
1200 * 818 = 982000 g de CO2.

Sachant qu'une voiture (c'est polluant une voiture !) dégage en moyenne 200g de CO2 par kilomètre, votre écran plat en veille est équivalent à 4900km en voiture.

Vous pouvez donc faire presque 3 aller-retour Paris-Marseille en poluant autant avec votre voiture qu'en laissant votre écran plat en veille pendant un an.

Reste plus qu'à multiplier par le nombre d'écrans plats en France...

Il va y avoir du monde sur l'autoroute Paris-Marseille...

16/04/2006

16/04/06 - 13:29

Joyeuses Pâques à tous !

Christ est resucité !

15/04/2006

15/04/06 - 01:24

Vendredi

Une journée passée à méditer, à prier...
Un moment dans la solitude que je sais peu absolue.
Un moment à réfléchir sur moi, sur ma foi et comment je la vis, comment je la partage...
Un instant important.



12/04/2006

12/04/06 - 16:00

Voilà pourquoi je ne voterai pas pour elle...

[www]

Et surtout je n'oublierai jamais ses prises de position par rapport à nous...

07/04/2006

07/04/06 - 08:26

Qui a dit ?

"La liberté est le bien le plus précieux de l'homme. Aucune force n'a le droit d'imposer à une conscience sa façon de penser et de vivre."

06/04/2006

06/04/06 - 17:02

Racisme et connerie quotidienne

"C'est pédales de blancs ne seront jamais tes frères ! Ils sont incapables d'entretenir des liens familiaux ! Ils renient leurs frères et soeurs ! Ils mettent leurs parents dans des maisons de retraite et tu penses qu'ils vont se montrer fraternels envers toi ! J'ai vécu des années avec eux ! La plupart d'entre eux sont froids et matérialistes. Ils ne s'intéressent à autrui que par intérêt et quand ça leur permet de baiser. Tu as tors de chercher leur amitié."

-bleu-ispahan en commentaire là : [www]

Tiens, après tout, je vois que le racisme de con de loracle est aussi partagé...
Y a pas un dire, un con reste un con, peu importe sa couleur de peau.

06/04/06 - 14:46

JP II

Je suis plutôt opposé d'habitude à la papolatrie et au Vaticanisme...mais je n'ai pas aimé non plus les tirs chez certains d'entre-vous sur le cercueil de JP II...d'abord parcequ'il s'agit déjà d'une question de respect qu'on doit aux morts, ensuite parceque les arguments, les reproches n'étaient que des répétitions anonées de conneries dites sur son dos.

Autant je n'ai pas été souvent d'accord avec lui, autant il n'est pas normal de lui reprocher des choses qu'il n'a pas dites ou faites, ou des positions morales qu'il ne pouvait qu'avoir vu son job.

Après je regrette qu'il aie loupé pas mal d'opportunités de moderniser l'Eglise, de l'ouvrir aux réalités du monde, de la rendre inclusive plutôt qu'exclusive...ces opportunités là ne se représenterons pas avant quelques temps et ce n'est pas son successeur qui oeuvrera dans ce sens, on l'a bien compris.

Enfin, bon, ce n'était qu'un homme après tout et il a au moins essayé de faire le bien...

J'ai juste envie d'en garder une image, piquée chez mon pote Benoît...



"Laissez venir à moi les petits enfants...Le Royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent"

06/04/06 - 09:27

CPE-CNE. La lutte des étudiants pourrait s'avérer prophétique, par William Pfaff - International Herald Tribune.

Les manifestations d'étudiants, de salariés et d'aspirants-salariés, suivis par la Gauche française et les syndicats qui ont pris le train en marche, constituent une forme de révolte spontanée contre quelque chose dont je soupçonne que peu de ceux qui y participent ont pris la pleine mesure.

Le but du mouvement est, ostensiblement, l'obtention du retrait d'un détail secondaire de la politique de l'emploi du gouvernement français, mais il a acquis une signification radicalement différente.

Les foules qui descendent dans la rue remettent en question un certain type d'économie capitaliste qu'une grande partie, voire une majorité de la société française considère comme une menace pour la norme nationale en matière de justice et par-dessus tout pour l'« égalité » - ce concept radical que la France est pratiquement le seul pays à ériger en cause nationale, la valeur centrale de sa devise républicaine « liberté, égalité, fraternité ».

Il est certain que le Premier ministre Dominique de Villepin était loin de se douter des conséquences lorsqu'il a introduit ce qui lui apparaissait comme une initiative pour l'emploi, modeste mais constructive, dont le but était d'alléger les difficultés structurelles qui pesaient sur la création d'emplois.

Il a soulevé par inadvertance ce que de nombreux Français perçoivent comme une question fondamentale concernant l'avenir de leur nation, tout comme il y a deux ans ils ont perçu, au delà du référendum sur la constitution européenne, des questions dérangeantes sur la nature de l'Union Européenne de demain et le type de capitalisme qui prévaudra à l'avenir en Europe.


Ils ne sont pas les seuls à s'en inquiéter. Un débat similaire, concernant les « modèles » de capitalisme se poursuit de façon persistante en Allemagne, qui est désormais le théâtre de troubles sociaux ainsi qu'au sein même de la Commission Européenne, qui depuis l'élargissement de l'Union à 25 s'est éloignée du traditionnel modèle « social » européen. Même l'Angleterre, mardi dernier, a vu se dérouler la plus importante grève depuis les années 1920 - pour défendre les retraites.

Les Français, bien entendu, sont opposés au « capitalisme sauvage » depuis le jour où cette bête brute a commencé à hanter la Grande-Bretagne et ses fabriques diaboliques au XIXe siècle avant de traverser l'Atlantique pour se trouver une nouvelle tanière.

Un récent sondage d'opinion sur le système de libre entreprise et de libre concurrence montre que 74% des Chinois déclarent penser que c'est le meilleur de tous les systèmes économiques, contre seulement 36% des Français, suivis de près par les Allemands.

La question essentielle est celle-ci : de quel capitalisme s'agit-il ? Depuis les années 1970, deux changements radicaux ont affecté le modèle dominant (américain) de capitalisme :

Premièrement, la version du capitalisme d'actionnaires, revue et corrigée par le New Deal (aux États-Unis), qui avait cours en Occident depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale a été remplacé par un nouveau type d'entreprises, dont le but et la responsabilités ont changé.

D'après l'ancien modèle, les entreprises avaient le devoir de garantir le bien-être de leurs employés, de même qu'elles avaient des devoirs vis-à-vis de la société (dont elles s'acquittaient principalement, mais pas exclusivement ; sous forme de charges et d' impôts).

Ce modèle a été remplacé par un autre, selon lequel les chefs d'entreprise doivent créer de la « valeur » à court terme pour les actionnaires, ce que mesurent les cotations en bourses et les dividendes.

Cette politique a eu comme résultat concret une pression constante visant à réduire les salaires et les avantages sociaux des travailleurs (ce qui a conduit parfois à des vols de retraite et autres délits graves), et l'émergence d'un lobbying politique et de campagnes en faveur de l'allègement des charges des entreprises et de leurs contributions aux finances nationales et à l'intérêt public.

En résumé, le système des pays développés a été remanié depuis les années 1960, enlevant aux travailleurs et au financement de l'État des ressources qui vont maintenant aux actionnaires et aux dirigeants des entreprises.

Bien que cette réflexion puisse être perçue comme incendiaire, elle m'apparaît comme une simple constatation. On reproche aujourd'hui aux Européens qui résistent aux « réformes » d'empêcher, par leurs choix politiques, les chefs d'entreprise de délocaliser les emplois et d'en réduire le nombre, afin de « valoriser » l'entreprise. (Récemment, l'International Herald Tribune titrait : « Wall Street applaudit la fusion annoncée d'AT&T et de Bellsouth. 10 000 emplois seront supprimés »).

J'ai baptisé ce phénomène « capitalisme de PDG. » puisque les chefs d'entreprise exercent un contrôle effectif sur leurs directoires et sont également les principaux bénéficiaires du système, soumis à la seule critique des conseillers en investissements financiers, qui s'intéressent aux moyens d'augmenter les dividendes et non à la défense des travailleurs ou à celle de l'intérêt public. (John Bogle, le conseiller en investissements bien connu désormais à la retraite a récemment repris mon argument à son compte dans son livre, The Battle for the Soul of Capitalism (« La lutte pour l'âme du capitalisme »)

Deuxièmement, la mondialisation, dont une des conséquences primordiales a été de faire entrer les travailleurs des sociétés développées en compétition avec ceux des pays les plus pauvres du monde, a amené des changements radicaux.

Je ne vais pas m'avancer plus loin sur ce terrain, qui est, je m'en rends bien compte, extrêmement complexe ; je me contenterai de citer l'économiste classique David Ricardo et sa « loi d'airain des salaires », qui veut que lorsqu'il existe une compétition salariale et que les ressources humaines sont illimitées, les salaires baissent à un niveau situé juste au dessus de la simple survie.

Jamais auparavant les ressources humaines n'avaient été en quantité illimitée. Elles le sont désormais grâce à la mondialisation - et ce n'est qu'un début.

Il me semble que ces troubles sociaux en Europe soulignent l'incompréhension dont font preuve les politiques et les chefs d'entreprise face aux conséquences humaines d'un capitalisme qui considère les travailleurs comme une matière première et qui élargit au monde entier la concurrence des prix de cette matière première.

Dans une perspective à plus long terme, les conséquences politiques de cet état de faits iront peut-être plus loin que ne le soupçonnent les étudiants français, pourtant politisés. Leur prise de position qui peut sembler rétrograde ou même luddite pourrait s'avérer prophétique.

William Pfaff
[www]

04/04/2006

04/04/06 - 18:47

Le CPE vu par l'europe...

Vu chez NinetySix : [www]
Une revue de presse européenne sur le CPE...édifiante !
Bizarrement, on en parlle pas à la TV ni dans la presse française...

D'Allemagne : Heureusement que les Français sont là !

Les défenseurs du libéralisme expliquent que la contestation a des origines spécifiquement françaises. Ce n'est pas faux : mener une politique de l'emploi sans dialogue social ni débat parlementaire est spécifiquement français et autoritaire.
Mais cela ne peut faire oublier que les Français se battent non seulement contre la méthode, mais aussi contre le contenu.
En ce sens, ils s'opposent à une politique européenne qui redistribue de bas en haut, annihile les conquêtes sociales et vide de sa substance le droit du travail.

Alors que les changements de régime en Allemagne sont le fruit de guerres perdues ou de Mur effondré, les Français, eux, les provoquent.
Dans les phases critiques, ils se souviennent des luttes passées.
Le seul fait qu'ils aient le courage de partir seuls à la bataille mérite l'admiration.

S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer. Dommage qu'ils soient encore isolés.

Dorothea Hahn, Die Tageszeitung

De Grèce : DE LA PRÉCARITÉ ET DU MODÈLE FRANÇAIS - Grâce à vous, étudiants français

Dominique de Villepin a son sosie ici, en Grèce.
La mesure proposée en France, qui favorise les licenciements non motivés, a été votée par l'Assemblée nationale grecque à l'été 2005.
Personne n'a alors réagi, mais la précarité était installée.
Aujourd'hui, les étudiants français envoient un message qui traverse les frontières et s'adresse à nos dirigeants qui prévoient de mettre en oeuvre une politique de rigueur néolibérale.
Pour les étudiants grecs, le climat social justifie une contestation générale.
Les jeunes veulent s'appuyer sur l'initiative française pour demander le retrait des mesures draconiennes de diminution du coût des heures supplémentaires et d'extension des horaires de travail qui ont précédé la réforme.

Les étudiants ont déserté les universités ces jours derniers, et un appel à manifester a été lancé pour le 23 mars.
Grâce au message des Français, les jeunes Grecs se sentent prêts à lutter à leur tour contre les manigances des politiques sur le plan social.
Le gouvernement grec craint à présent une grande mobilisation des travailleurs et des étudiants.
Il a d'ailleurs pris ses distances avec M. Kyriakopoulos, le président des industriels de Grèce, qui a provoqué un tollé en apportant son soutien au Premier ministre français, ce qui lui vaut depuis le surnom d'Odysseas de Villepin.

Plus qu'une inquiétude pour la précarité, les étudiants grecs se mobilisent pour leur avenir. Ils envisagent même de porter l'affaire devant l'Union européenne et demandent pour cela le soutien des autres pays européens.

Christos Mega, Eleftherotypia

D'Espagne : Trahison

Les derniers événements viennent confirmer les pires soupçons que l'on avait sur l'étape finale de la présidence de Chirac. Une étape qui a débuté par l'immense fiasco du rejet de la Constitution européenne, s'est poursuivie avec la vague de violence dans les banlieues à l'automne dernier et commence maintenant à ressembler à une agonie. Chirac a entraîné Villepin dans ses contradictions.
En tentant de faire passer une loi qui facilite soi-disant l'accès des moins de 26 ans au premier emploi mais permet aux employeurs de licencier sans motif, le président et le Premier ministre trahissent, aux yeux de larges pans de la population, un modèle social français dont ils disaient vouloir assurer la défense et la continuité.

El Païs

Du Portugal : Tant de motifs pour aller crier dans la rue

La jeune psychologue portugaise Joana Amaral Dias, choquée par le mépris dans lequel on tient les jeunes, se place résolument dans leur camp.

Crédits étudiants, tarifs réduits, Carte jeunes une kyrielle de privilèges !
Pour les partisans du marché, le torrent humain qui a investi les rues françaises ne comprend pas que le CPE, qui permet le licenciement sans motif des moins de 26 ans pendant leurs deux premières années de travail, est une aubaine.
C'est la solution au chômage des jeunes.

Et les commentateurs n'ont pas manqué qui ont devisé sur l'utopie et l'ignorance de ces Français : s'ils lisaient les journaux, ils verraient que, sans le CPE, ils n'auront pas de travail du tout, ils comprendraient qu'on va combattre le chômage en créant plus de chômage.
Ces partisans du CPE ne doivent pas avoir lu, cependant, les divers rapports montrant que cette mesure ne fera qu'augmenter le chômage des jeunes et ne contribuera d'aucune façon à en combattre les causes.
Et, quand ils les ont lus, ils en concluent qu'on devrait l'appliquer à tous.
Tous, jeunes et vieux, devraient être sujets au licenciement non motivé.
Au moins les choses seraient claires.

Ce que les anti-CPE contestent, c'est cette scission entre les âges qui n'octroie de droits qu'aux plus de 26 ans.
Mais leur contestation est aussi une lutte contre la légitimation du fossé entre les générations, contre la précarisation du travail, contre la discrimination et l'individualisme.
Le CPE ne valorise ni le mérite ni l'efficacité.
Il s'en remet au libre-arbitre d'un quelconque patron.
Cette vague de contestation s'appuie, évidemment, sur un questionnement social de fond, plus ample.

C'est l'exclusivité du marché que l'on interroge ici ; et ce sont de nouveaux intérêts publics qui se dessinent.
C'est bien pour cela que l'alliance des jeunes et des syndicats a pu jouer et que la solidarité a pu s'opposer à cette mesure de capitalisme sauvage.
Le CPE est une attaque contre les attentes des jeunes, contre la possibilité de voir leurs projets se réaliser.
Bien sûr, ceux qui - beaucoup sont d'anciens soixante-huitards - applaudissent au CPE diront que les jeunes sont d'irresponsables enfants gâtés : ils restent chez leurs parents jusqu'à 30 ans, n'ont d'enfants qu'après 35 ans, etc.

Franchement, ça donne envie de sortir dans la rue et de crier.

Joana Amaral Dias, Diario de Noticias

01/04/2006

01/04/06 - 19:53

J'y vais pas

Jme suis tiré avec peine du lit à 19h, après une semaine de merde et une nuit de discussion avec des potes pour me vider la tête et essayer de me remonter le moral...
Jsuis pas bien.
Jme sens pas sociable.
Affronter des inconnus, même ds une ambiance sympa, jme sens pas.
Désolé Kazu, j'aurai aimé te voir avant ton départ.

 

.:Centre de Compilation:.

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>>Les dix réponses les plus cons
à un coming-out
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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.