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"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : Le Brigadier, Maximum The Hormone...
Je regarde : du design urban style
Je lis : L'intégrale de 100 bullets en VO et Les Forbans de Cuba, par Dan Simmons.
Je joue : à gére 10 000 urgences en même temps
Je mange : frais et bio
Je bois : de l'eau
Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : "Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité."
- le Qoeleth
Je rêve : (ne) pas, j'agis.
(mis à jour mardi 18 novembre 2008 à 19:32)

30/09/2006

30/09/06 - 07:05

Non, le privé n'est pas moins cher que le public

Chaque fois que les directeurs de clinique sont interrogés, notamment quand les cliniques sont en grève, ils assènent une contre-vérité sans être démentis, cela devient insupportable !

La semaine dernière, dans cette querelle de chiffres, la directrice de la Générale de Santé continuait dans cette même veine : « les hôpitaux publics coûtent deux fois plus cher que les cliniques privées et nous sommes pénalisés par la baisse des tarifs ». Elle oubliait au passage de rappeler que ce même groupe a enregistré des bénéfices records, en 2005 !

La Fédération Hospitalière de France vient d'éditer un petit opuscule qui remet bien les choses à leur place et que l'on peut télécharger à l'adresse suivante : [www]

Tout d'abord, les tarifs des hôpitaux publics sont des tarifs "tout compris" alors que les honoraires des médecins dans la construction des tarifs du privé n'apparaissent pas. Pour l'hôpital, où le médecin est salarié, le salaire de ce dernier est incorporé dans le tarif, ce qui n'est pas le cas pour les honoraires des médecins libéraux travaillant dans les cliniques commerciales, sans compter la prise en charge par l'Assurance Maladie d'une partie des charges sociales des médecins de secteur I, charges qui ne sont donc pas prises en compte dans ces études de coûts.

Par ailleurs, le phénomène de l'externalisation est mal évalué. A l'hôpital, tout est compris alors que dans le secteur du privé, les examens biologiques et d'imagerie sont extrêmement faibles. Parce que ces examens sont réalisés «autour » du séjour, c'est-à-dire en dehors des cliniques, dans des cabinets de radiologie ou des laboratoires, et ne pèsent donc pas sur les coûts des cliniques.

De multiples autres causes expliquent ces différences, tous les professionnels sérieux les connaissent. Ce sont :

- La lourdeur des cas (classification OAP) pris en charge par l'hôpital public, qui ne bénéficient pas d'une rémunération adéquate,

- Le fait que le secteur public assume les actes les moins rentables (le public et le privé ne se positionnent pas sur les mêmes pathologies à l'intérieur même d'un GHS),

- le public prend davantage en charge les grands vieillards (plus de 85 ans) et les grands prématurés. Cette population demande des soins très coûteux, qui entraînent souvent une durée longue de séjour, non prise en compte,

- La précarité est un facteur important parfaitement décrit dans une étude sur la précarité des patients dans les établissements sous dotation globale de financement (10% des séjours inscrits sont 30% plus coûteux, pour des raisons uniquement sociales et non médicales.)

- Au plan méthodologique, Il est impossible de créer un échantillon d'établissements comparables entre le public et le privé sur les critères étudiés, car le nombre de lits et la répartition de ces lits entre la médecine, la chirurgie et l'obstétrique sont trop différents.

- Enfin, les activités d'intérêt général sont essentiellement assurées par les hôpitaux publics (SAMU, SMUR, Plans sécuritaires, innovation, recours, enseignement…). Aujourd'hui, toutes les missions d'intérêt général ne sont pas financées par les MIGAC, malgré les demandes de la FHF. Certaines activités en sont exclues, complètement ou partiellement. Le coût de ces activités se retrouve donc dans la partie tarifaire du financement, ce qui a pour effet d'augmenter artificiellement les coûts des hôpitaux par rapport à ceux des cliniques privées n'assurant pas ces missions d'intérêt général.

L'hôpital public et le privé ne se positionnent pas sur les mêmes activités. Une convergence tarifaire n'a donc pas de sens, puisque la production du public et celle du privé sont différentes.

Alors cette querelle n'est certainement pas anodine. Il m'arrive parfois de me demander pourquoi la France est un des pays le plus en pointe dans le nombre d'établissements de soins à caractère commercial et comment on peut « faire des bénéfices » sur la santé de ses concitoyens...

[www]

commentaires

01/10/06 - 20:16

Malgré l'air du temps et les idéologues qui cherchent depuis des années à nous convaincre du contraire, je suis de ceux qui pensent que dans la plupart des domaines (à charges et missions égales biens sur), le public a toujours été plus efficace et moins cher que le privé.

02/10/06 - 01:04

Blind lover : moi aussi, mais on va ns rétorquer que nous sommes de parti-pris

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.