.:Furyo Hideout:.




"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : rien, je n'ai pas envie...
Je regarde : rien, pas le temps...
Je lis : mes comics en retard...
Je joue : à faire le chat
Je mange : frais et bio
Je bois : de l'eau et des vodka-pomme
Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : doucement.
Je rêve : à plus de paix...
(mis à jour lundi 1 septembre 2008 à 01:05)

05/10/2006

05/10/06 - 21:31

En colère

Je n'ai pas trop les mots, alors je laisse parler un orfèvre en la matière, Agnès, du Monolecte (http://blog.monolecte.fr)

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Silence, on souffre!

Un peu comme on éteint la lumière en quittant une pièce, le blog de Bereno a brutalement cessé d'émettre hier dans la blogosphère.

J'aurais préféré comparer le site de Bereno à une étoile qui s'éteint brutalement dans le ciel, mais pour le coup, aucun évènement cosmique n'est venu souligner cette subite disparition. Pourtant, vu la qualité du propos et de son auteur, une supernova eut été de mise, du service minimum, pour le moins. Mais non, rien, seulement une absence, une voix qui se tait, un silence de plus qui s'installe.

Au début, on pense juste à un bug d'hébergement du Monde, car Bereno était hébergé par la plateforme du Monde. Une fin d'abonnement. une fausse manoeuvre, un machin technique bien rassurant, en somme, rien d'irréversible...
Certes, L'inpecteur du travail ne devait pas faire que des heureux avec ses récits sur la condition ordinaire des travailleurs en France, il avait même senti le vent du boulet(fr) lui ébouriffer les cheveux en son temps, mais de là à lui couper le sifflet subitement! Surtout que l'on est dans une démocratie, n'est-ce pas? Où la liberté d'expression est garantie par les institutions, non? Et même s'il est fonctionnaire, l'ami Béréno n'a jamais dérogé à son devoir de réserve : il a conservé son anonymat, protégé celui des protagonistes de ses histoires, n'a jamais cité un lieu ou une date, rien. Il ne s'agissait là que d'une étude de cas, une succession de monographies quasi éthnologiques qui explorait d'une position privilégiée la nature des relations entre patronat, syndicat et salariat. Une oeuvre d'utilité publique, donc, un quasi sacerdoce, un travail documentaire indispensable et édifiant.
Bref, il s'agissait là de ce genre d'initiatives d'obscurs rouages de la machine qui forcent le respect et appellent une certaine forme de reconnaissance, à défaut d'une promotion officielle.

Mais pas un ultimatum, pas de menaces, pas de coercition.

Or, c'est exactement de cela qu'il s'agit.

Hier, donc, l'ami Bereno a reçu l'ordre express du sommet de sa hiérarchie de fermer sans délai son blog, qui s'avérait pour le coup encore plus dérangeant que l'on pouvait le penser au premier abord.
En fait d'ordre, il s'agissait plutôt d'un ultimatum émanant directement de son ministère de tutelle qui exigeait la fermeture immédiate du blog sulfureux avec menace de sanction disciplinaire s'il ne s'exécutait pas sur le champ. Béréno, qui a investi le temps et l'énergie que l'on peut deviner dans son patient travail d'enthomologiste du microcosmos de l'entreprise, a bien tenté de négocier un départ honorable, juste un petit mot pour tous les lecteurs qu'il recevait quotidiennement et qui lui écrivaient, le soutenaient, juste un au revoir, un calva et une clope avant l'échafaud. Mais ce jugement qui est tombé du plus haut sans autre forme de procès était sans appel ou aménagement de peine. Bereno a été contraint d'auto-détruire son oeuvre et de se murer dans le silence.

Aujourd'hui, Bereno est muselé, condamné au silence. Il n'a pas le droit de s'exprimer ou d'aller plaider sa cause sur quelque support que ce soit. On lui a clairement laissé entendre qu'il était interdit de blog sous peine de voir une procédure disciplinaire immédiatement engagée contre lui.
Le plus étrange dans l'histoire, c'est que la veille au soir, j'ai visionné le documentaire Une femme à abattre(fr), quelque chose déjà d'énorme comme déni de démocratie, mais on se rassure en se disant que c'est de l'autre côté de la grande mare, chez les cow boys de GWB. Et le lendemain, on apprend que c'est en train d'arriver près de chez vous.

Et voilà, c'est fini. Baillonné, le Bereno. Réduit au silence. Comme ces centaines de milliers de travailleurs qu'il avait choisi de défendre, par sa profession, déjà, puis par son engagement citoyen!

commentaires

13/10/06 - 23:34

Le niveau 20/20 du billet perroquet de blog!
:)

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.