J'écoute : rien, je n'ai pas envie... Je regarde : rien, pas le temps... Je lis : mes comics en retard... Je joue : à faire le chat Je mange : frais et bio Je bois : de l'eau et des vodka-pomme Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère" - Baudelaire "Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. " - Lautréamont Je pense : doucement. Je rêve : à plus de paix... (mis à jour lundi 1 septembre 2008 à 01:05)
Enfin une bonne nouvelle !
J'ai reçu ce matin le dernier album CD/DVD de Bonetcha "Les enfants qui s'enflamment" !
Vous pouvez vous aussi l'avoir pour une somme ridicule de 15€
Oui, 15€ pour un Album CD + 1 DVD live ! C'est pas un produit Vivendive ou PPR !
Jsuis trop content !
Bravo Fred et tout le groupe !
Ultime « réforme » des retraites... avant la prochaine
Monter en épingle de prétendus « privilèges », et travestir le nivellement par le bas en souci d’« équité », telle a été la stratégie du gouvernement français au cours des grèves de novembre pour la défense des régimes spéciaux de retraite.
Ce rideau de fumée dissimule le dessein de voir la retraite par capitalisation supplanter la retraite par répartition.
Et la toile de fond européenne n’est guère rassurante : l’objectif semble être d’écarter tout débat sur la répartition des gains de productivité, au profit d’un allongement indéfini de la durée de cotisation.
Bien que la question de la répartition équitable des gains de productivité soit posée depuis des années, les gouvernements européens ne cessent de privilégier un allongement de la durée des cotisations comme moyen de financer les retraites.
En France, les salariés dotés de « régimes spéciaux » ont engagé une lutte difficile contre la remise en cause de leurs droits.
Et, une « réforme » en cachant une autre, ils savent que, dès l’année prochaine, de nouveaux sacrifices seront exigés.
« Des réformes ont été engagées sur les retraites (...), mais on sait qu’elles ne constituent qu’un début et qu’il faudra aller plus loin. »
(M. Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, 22 novembre 2007.)
Derrière l’actuel débat sur les retraites se dessine en réalité le choix entre système par répartition et système par capitalisation. Et plus généralement le niveau des prélèvements obligatoires.
Cette discussion est ancienne.
Les générations du baby-boom étaient à peine arrivées sur le marché du travail que déjà on abordait la question de leur retraite. Et, dès les années 1980, certains médias invoquaient l’urgence d’une réforme .
Les premières prospectives officielles sur le sujet datent de 1985 avec l’installation de la commission du Plan, présidée par M. Léon Tabah, sur la « solidarité entre générations face au vieillissement démographique ».
S’ensuivit un rapport, publié en juin 1986, qui présenta pour la première fois des projections à long terme .
Le débat reprit de la vigueur en 1990 à l’occasion d’un numéro spécial de la revue Economie et Statistiques .
La presse embraya, et la question fut posée aux responsables politiques.
La suite est connue : Livre blanc sur les retraites en 1991, « réforme » du régime général en 1993, rapports, éditoriaux et articles alarmistes, sondages, « réforme » du régime des fonctionnaires en 2003...
Voici venu le tour des « régimes spéciaux » de retraite.
Selon un processus désormais familier , les éditorialistes les plus en vue pourfendent les opposants à une « réforme nécessaire ».
Dans les instances gouvernantes, on a pleinement conscience de cet avantage.
Le 17 octobre, on entendait ainsi au ministère du travail : « Si la journée de jeudi est un succès, les journalistes écriront : “Comme prévu, la journée du 18 a montré la mobilisation syndicale.” Si elle devait être moins suivie, ils écriront : “Les syndicats n’ont pas su mobiliser.” »
Une mécanique médiatique bien huilée. Les grands moyens d’information alimentent le soupçon de « privilèges ».
Vu chez le Charencon libéré...Les insurgés de Villiers-le-Bel n'ont rien compris : Sarkozy n'est pas là, rien ne sert de s'enflammer.
C'est pas pour dire, mais…
Il y en a qui n'ont vraiment rien compris.
Et qui gâchent leur belle énergie dans des heurts improductifs.
S'évertuant en pure perte à courir, caillasser et affronter
C'est pas pour dire, mais…
Les Beauvéllisois (si, si… ça s'écrit bien comme ça) sont un rien con.
Tant leur petite manifestation nocturne n'a strictement aucune portée.
Et leur colère est bien malvenue.
Non que le coup de sang ne soit pas justifié.
Au contraire, même.
Et le camarade Fontenelle a bien raison de pointer l'incohérence de la version policière de l'accident.
Laquelle évoque un choc latéral causant la mort des deux adolescents.
Quand à l'évidence, la collision a été frontale.
Et quand il semble évident que le véhicule de police n'a pu que percuter la mini-moto de plein fouet. Le pare-choc avant et le pare-brise en affichant les stigmates.
Bref, rien de plus logique à ce que les jeunes occuppent la rue.
Qu'ils dénoncent la lenteur des secours, pointée aussi par l'ouverture d'une enquête de l'IGPN.
Et qu'ils s'insurgent contre ce qui ressemble bien à une bavure déguisée.
Juste une de plus sur le front des banlieues.
Mais là où les révoltés de Villiers-le-Bel font preuve d'un absolu manque de sens politique.
Et se plantent totalement.
C'est dans le timing.
Tant leur équipée nocturne a été menée au plus mauvais moment.
Celui où la majeure partie de l'exécutif sarkozyste (sept ministres et secrétaires d'Etat, moins Alain Delon…) est allée prendre l'air en Chine.
Voir si le fond de l'air n'y était pas plus favorable à la récolte de quelques menues piécette…
C'est pas pour dire, mais…
On se prend à rêver des magnifiques déclarations qu'auraient pu lancer nos glorieux dirigeants, s'ils avaient été dans le coin.
Nul doute que le petit piètre de la nation se serait rendu sur place.
Pour apostropher et provoquer un peu les jeunes.
Qu'il aurait su fustiger les auteurs de violences.
Prendre la défense de la police injustement soupçonnée.
Et promettre de faire toute la lumière sur les conditions du drame, tout en enterrant discrétement l'affaire.
Nul doute aussi que Fadela Amara en aurait profité pour déballer son cash-discours.
Promettre qu'il n'y aurait pas de tolérance pour les glandouilleurs-lanceurs-de-projectiles.
Et expliquer qu'il faut "arrêter de se la raconter".
Tant il est temps de mettre un peu d'ordre dans les cités.
Nul doute encore que Jean-Louis Borloo n'aurait pas été en reste.
Ancien ministre de la Ville qui avait été l'un des premiers à promettre un plan Marshall pour les banlieues.
Tandis que Rachida Dati aurait su fustiger le manque de respect de ces jeunes.
Et s'engager à ce que les révoltés soient châtiés comme il se doit.
Mais non…
Rien de tout ça.
Et on rate un magnifique grand barnum ministériel.
Tout ça parce que les Beauvéllisois n'ont pas été capable d'attendre quelques jours, le temps que la fière équipée gouvernementale rentre de son joli voyage chinois.
"Marianne" le révèle samedi mais l'information est connue depuis le début de vendredi après-midi, que, dans l'affaire de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Sarkozy a été informé dès 2004, "quand il était ministre des Finances", des "retraits suspects effectués par Denis Gautier-Sauvagnac" dans les caisses de cette organisation patronale ["UIMM : le cabinet de Sarkozy a été informé en 2004", Nouvelobs.com, 23 novembre 2007, 16 heures 19.].
Retraits qui "se montaient, selon "Marianne", à 700.000 euros en 2000, 900.000 euros en 2001, 700.000 euros en 2002, 600.000 euros en 2003 et 300.000 euros de janvier à mai 2004".
Voilà des sommes (en liquide) qui nous changent agréablement, n'est-ce pas, des minables salaires des privilégié(e)s de la fonction publique...
Il faut le répéter lentement, pour bien se pénétrer de ce que ça induit: Sarkozy, l'omnipotent, l'omniscient, a été informé dès 2004, par "le service d'enquête du ministère des Finances", d'une affaire où "Denis Gautier-Sauvagnac (...) se promenait régulièrement avec des mallettes d'argent liquide provenant d'une mystérieuse caisse noire dotée de plus de 600 millions, alors que le budget annuel du MEDEF ne dépasse pas 32 millions d'euros".
Et qu'a-t-il fait, à ce moment-là?
Qu'a-t-il fait, cet homme qui "peut tout faire", et qui nous a promis, à mainte et mainte reprise, que son règne serait celui, aussi, de la "transparence"?
Il a "empêché la justice de travailler sur la caisse noire de l'UIMM", explique "Marianne".
Il a tout simplement "voulu enterrer l'affaire".
Hein???
Quoi???
Le même crâne chef de l'Etat, qui régulièrement réclame pour la gueusaille (surtout quand elle n'a pas de papiers) d'impitoyables châtiments, a regardé ailleurs, quand on lui a signalé que des patrons faisaient grave du black et se baladaient avec des liasses de 900.000 euros?
Voilà exactement ce que j'appelle une info sensationnelle.
Une info qui, par conséquent, devrait faire sensation, et être partout reprise, partout affichée, partout proclamée.
Au regard des propositions qui viennent d'être adoptées concernant le "téléchargement illégal", pour l'année qui vient :
- je ne mettrai pas les pieds dans un multiplexe et boycotterai les blockbusters...
- je n'achèterai aucun CD/DVD/musique en ligne/etc
- j'achèterai, si j'en ai besoin, mes media vierges à l'étranger
- je n'achèterai rien aux sociétés du groupe PRR : PPR= Pinault Printemps Redoute : FNAC, Puma, Gucci, Stella Mc Cartney, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Boucheron, Sergio Rossi, Conforama, La Redoute...
Merci de me faire économiser de l'argent, j'ai été trop grand seigneur à vouloir encore dépenser pour mes artistes préférés.
La fête du Christ Roi fut instituée en 1925 par le pape Pie XI dans la lettre encyclique QUAS PRIMAS face aux ravages de l'athéisme et de la sécularisation de la société moderne.
Voici un extrait de l'intoduction de la lettre encyclique QUAS PRIMAS :
"Dans la première Encyclique qu'au début de Notre Pontificat Nous adressions aux évêques du monde entier, Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain.
Nous proclamions ouvertement deux choses: l'une, que ce débordement de maux sur l'univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique; l'autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. C'est pourquoi, après avoir affirmé qu'il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d'y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur. " Cliquez ici our accéder au texte complet de l'encyclique.
Voici le commentaire de l'encyclique par Jacques MARITAIN (Revue des Jeunes, mars 1927)
Lorsque la plus haute autorité spirituelle nous dispense le bienfait d’un enseignement, chacun de nous doit non seulement le recevoir avec obéissance, mais encore s’efforcer d’en pénétrer la signification. Le plus humble fidèle est tenu à cette méditation filiale. On comprend donc que la Revue des jeunes, en préparant cet hommage à S. S. Pie XI, ait demandé à un philosophe de publier quelques-unes des réflexions que lui a suggérées la lecture de l’encyclique Quas Primas, où la royauté universelle du Christ est proclamée.
Cette royauté dérive de l’union hypostatique. Le Christ n’est pas seulement le plus beau des enfants des hommes, de telle sorte que concentrant dans sa nature individuelle toutes les perfections de l’espèce, intégrant en soi toute l’humanité, il doit, à ce titre déjà, en être le chef[1]. Il a aussi, de par l’union hypostatique, la plénitude de la grâce sanctifiante, qui, à un titre incomparablement plus élevé encore, le constitue à tout jamais tête de l’humanité tout entière. Tous les hommes lui appartiennent, bons et méchants, fidèles et infidèles[2]. Tous sont faits pour devenir ses membres, sont ses membres en puissance. « Son empire, écrit Pie XI après Léon XIII, ne s’étend pas seulement aux nations catholiques ou seulement à ceux qui, purifiés par le saint baptême, appartiennent de droit à l’Eglise bien que des opinions erronées les aient dévoyés ou que le schisme les ait détachés de la charité ; il embrasse aussi tout ce qu’il existe d’hommes n’ayant pas la foi chrétienne, de sorte qu’en toute vérité l’universalité du genre humain est soumise à la puissance de Jésus-Christ ».
L’universelle royauté qui découle ainsi de la grâce capitale du Christ est double, spirituelle et temporelle à la fois. Mais elle est « surtout spirituelle et concerne principalement les choses spirituelles[3] ». C’est sur la souveraineté spirituelle du Seigneur Jésus que l’encyclique du Christ-Roi nous invite à méditer avant tout, c’est elle que nous devons ici considérer d’abord. Non seulement elle suppose que le Christ est le principe intérieur de notre vie surnaturelle, ce qui ressortit plus spécialement, comme on l’a remarqué[4], à son sacerdoce, nous communiquant sans cesse la grâce méritée par sa passion et que Dieu nous infuse par l’« instrument conjoint » de son humanité, de tous les mouvements de sa pensée et de son cœur ; mais encore elle implique un pouvoir suprême de gouvernement de tout l’ordre spirituel, qui ressortit plus spécialement à sa royauté, et par lequel il conduit les âmes à la vie éternelle, porte des lois, juge, pourvoit à l’exécution de ses ordres, établit son royaume en triomphant du péché et de la mort. Cette royauté spirituelle s’étend sur les individus et sur les sociétés, rien ne lui échappe. « En cette matière il ne faut pas distinguer entre les individus et les sociétés domestiques et civiles, puisque les hommes réunis en société ne sont pas moins sous la puissance da Christ que les particuliers. Le bien privé et le bien commun ont la même source[5] ».
Ce droit royal du Christ sur les sociétés, le pouvoir civil est tenu de le reconnaître ; la cité terrestre elle-même le postule en vertu d’une exigence interne. Elle est ordonnée en effet à un bien commun temporel qui est le totum bene vivere de l’homme ici-bas, c’est-à-dire à une fin matérielle sans doute mais aussi et principalement morale : vivre selon la vertu[6]. Et comme la droite vie humaine ici-bas suppose elle-même l’ordination de l’homme à sa fin dernière qui est surnaturelle, et ne peut être obtenue que par le Christ, on voit que le bien lui-même de la cité doit être ordonné à cette même fin dernière surnaturelle qui est celle de chaque homme en particulier ; la société civile doit poursuivre le bien commun temporel selon qu’il aide les hommes à obtenir la vie éternelle[7] ; le politique lui-même, pour être ce qu’il doit, demande que le spirituel prime le politique, que l’ordre au salut éternel prime l’ordre aux biens d’ici-bas ; la cité n’est pas vraiment servie si Dieu n’est pas premier servi.
N’oublions pas maintenant que le Seigneur n’a pas voulu, si j’ose ainsi parler, sauver les hommes à lui tout seul. Il a voulu associer à son œuvre ceux qu’il s’est choisis, se continuer sur la terre par l’Église, son Corps mystique, qu’il a chargée d’achever par lui, avec lui et en lui « ce qui manque à sa passion[8] ». « L’Eglise, disait Bossuet, c’est Jésus-Christ, mais Jésus-Christ répandu et communiqué ».
Il est la tête invisible du Corps de l’Église. « La tête, dit saint Thomas, exerce une double influence sur les membres : une influence intérieure, car la tête transmet aux autres membres la puissance de se mouvoir et de sentir ; et une influence de gouvernement extérieur, car par la vue et par les autres sens dont elle est le siège, la tête dirige l’homme dans ses actes extérieurs[9] ». A ces deux influences, on peut rattacher[10] le double pouvoir d’ordre et de juridiction transmis à l’Église ; le premier, qui intéresse l’économie sacramentelle, étant surtout une participation au sacerdoce du Christ, le second, qui intéresse la direction du corps mystique par l’enseignement de la doctrine et par des lois, étant une communication de sa royauté spirituelle. Vicaire du Christ, Tête visible de l’Eglise, le Pape a reçu de lui, avec la souveraineté spirituelle universelle, le plus haut degré possible ici-bas de cette royauté. C’est pourquoi Boniface VIII a pu définir, dans la bulle Unam Sanctam, que toute créature humaine est soumise au Pontife romain.
Nier la royauté spirituelle de l’Église, c’est donc nier la royauté spirituelle du Christ. Il est très frappant de constater que l’encyclique du Christ-Roi est ainsi, en vertu d’une nécessité logique manifeste, celle qui, reprenant et accentuant les enseignements de l’encyclique Ubi Arcano, flétrit avec le plus d’énergie le laïcisme, cette « peste qui infecte la société humaine ». Elle en retrace les origines et les progrès, en décrit les effets désastreux. On peut remarquer à ce point de vue que cette séparation d’avec le Christ résulte de la longue revendication d’aséité que la créature humaine poursuit depuis plus de trois siècles, et qui s’est traduite dans l’ordre moral, social et politique par le vœu de n’obéir qu’à soi-même formulé par Rousseau et par Kant. Mais dans la mesure où l’on s’affranchit du Christ, on entre sous les influences du diable, chef de l’église du mal[11]. Cherchée hors du Christ, l’unité de l’homme, d’abord utopique et idéaliste dans sa phase de préparation et de désir, devient à la fin, dans sa phase de réalisation positive, l’effet d’une violence absolue imposée à l’homme et d’un despotisme antihumain. L’impérialisme bolchevique, avec son effort d’expansion mondiale, paraît annoncer l’époque où ne seront plus en présence que l’universalisme de l’Antéchrist et l’universalisme du Christ.
La royauté du Christ n’est pas seulement spirituelle, elle est aussi temporelle. Placé par l’union hypostatique au sommet de tous les êtres, possédant une science infuse parfaite et totale qui rend son intelligence souverainement achevée et lui permet de régir universellement le monde[12], le Christ en tant qu’homme a reçu de Dieu « l’empire sur les œuvres de ses mains », « tout a été mis sous ses pieds[13] ». Il a droit sur toutes choses créées, pour les gouverner selon ses fins universelles. C’est de ce droit suprême que les rois et les chefs d’État, et tout pouvoir dans l’ordre temporel, tiennent leur autorité. « Ce serait une erreur honteuse de dénier au Christ-Homme l’empire sur les choses civiles quelles qu’elles soient ; il a, en effet, reçu du Père un droit si absolu sur les créatures que tout est soumis à son bon vouloir[14] ».
« Pourtant, continue l’Encyclique, pourtant, durant sa vie terrestre, il s’est complètement abstenu d’exercer cette autorité ; ayant dédaigné autrefois la possession et le soin des choses humaines, il les abandonna alors et les abandonne aujourd’hui à leurs possesseurs. Vérité admirablement exprimée par ces vers : Non eripit mortalia, qui regna dat coelestia ». Par là nous est signifié un grand mystère de la vie historique de son Corps mystique, et la perpétuelle urgence de cette parole : « mon royaume n’est pas de ce monde », dont la raison profonde est la mission rédemptrice elle-même du Seigneur.
Faut-il penser que, sans nier pour cela la distinction des deux pouvoirs, ni la légitimité de droit naturel des autorités terrestres, cette suzeraineté temporelle a été, comme la souveraineté spirituelle elle-même, transmise par le Christ à l’Église et à Pierre ? Des théologiens l’ont cru jadis, partisans ce que l’on nomme le « pouvoir direct » sur le temporel. « Quelques théologiens, au cours de l’histoire, ont pu pousser la conviction enthousiaste du droit de l’Église jusqu’à revendiquer pour elle, directement, tout pouvoir terrestre. Le ne scandalizemus eos par lequel Notre-Seigneur motive sa pure et gracieuse concession en payant le didrachme, leur a paru la seule limite possible aux droits de la Mère des rachetés[15]… » L’enseignement de Léon XIII, dans les encycliques Sapientiae christianae et Immortale Dei, semble bien leur donner tort, et de toute façon rejette absolument les exagérations violentes où certains canonistes du XIVe siècle étaient tombés.
Quoi qu’il en soit de ces derniers, les partisans de l’opinion, aujourd’hui si oubliée, que je viens d’évoquer, n’auraient jamais dû omettre la correction qui en tout cas s’impose immédiatement, et que suggère avec tant de justesse l’encyclique Quas Primas. On peut avoir un droit et ne pas l’exercer. Conviendrait-il que l’Église usât effectivement, même de la façon la plus discrète et la plus élevée, d’un pouvoir que son Maître a refusé d’exercer, je veux dire d’un pouvoir direct sur le temporel, lui donnant un souverain domaine universel sur les choses terrestres dans la ligne même du bien temporel des hommes à procurer ? Jamais, en fait, elle n’a usé d’un tel pouvoir. C’est que pour elle comme pour le Seigneur jésus, la mission rédemptrice prime tout. Il est venu pour souffrir et pour racheter, non pour dominer, et il en sera ainsi jusqu’à ce que son règne arrive, avec le siècle futur.
Dans la pensée d’un saint Bernard et d’un saint Thomas d’Aquin, la doctrine des deux glaives avait une autre signification. Elle signifiait que l’Église a le glaive temporel en ce sens seulement qu’on est dit avoir ce dont on peut diriger l’emploi[16]. Elle n’use pas elle-même du glaive temporel, à ce point de vue elle le garde au fourreau. Mais il convient qu’elle dirige, en vue de la fin dernière surnaturelle à laquelle la fin temporelle de la cité est subordonnée, ceux qui ont ce glaive entre les mains. « Un glaive est sous l’autre[17] », le glaive spirituel, peut et doit commander au glaive temporel ratione peccati, non pas en raison du bien temporel lui-même à procurer, mais en raison du péché à dénoncer ou à éviter, en raison du bien des âmes, de la liberté de l’Église, et des intérêts supérieurs, d’ordre spirituel, dont celle-ci a la charge. Il ne s’agit plus là d’un pouvoir distinct du pouvoir spirituel. C’est le pouvoir spirituel lui-même, c’est le glaive spirituel atteignant les choses du siècle en raison des intérêts éternels qui y sont investis. Et ce glaive-là n’est pas au fourreau. Dans le Christ, ce pouvoir d’intervention sur le temporel, en raison, non du temporel lui-même, mais du spirituel, « ne fait qu’un avec la royauté spirituelle, car il est à son service et pour ainsi dire son instrument. Ubi est unum propter alterum, disait déjà Aristote, ibi tantum unum esse videtur. Aussi n’est-ce pas sans raison que les anciens théologiens donnaient à ce pouvoir le nom d’instrumental. Christus secundum quod homo, écrit Bannez, habuit instrumentalem potestatem dominii universalis circa omnia temporalia[18] ». Dans 1’Eglise du Christ, ce pouvoir est une participation à la royauté spirituelle du Christ. Pierre ne le possède que parce que le Christ le lui a transmis comme à son ministre ici-bas, avec les clefs du royaume des cieux.
Ainsi entendue la doctrine des deux glaives, si célèbre au moyen âge, n’est autre que la doctrine de ce qu’on devait appeler plus tard le pouvoir indirect de l’Église sur le temporel. Elle affirme, avec la distinction des deux pouvoirs, enseignée déjà au Ve siècle par le pape Gélase et si nettement rappelée par Léon XIII, la subordination de l’un à l’autre. Elle affirme donc le droit pour le pouvoir spirituel d’intervenir, soit par des conseils, soit par des ordres, auprès du pouvoir temporel, non pas sans doute dans le domaine purement temporel (c’est-à-dire lorsqu’aucun intérêt spirituel spécialement grave n’est engagé), mais dans le domaine « mixte », c’est-à-dire chaque fois qu’une disposition temporelle quelconque, ou un mode d’activité temporelle quelconque, se trouve engager d’une façon assez grave les intérêts du spirituel : étant bien compris, ce qui est l’évidence même, qu’il n’y a pas seulement des matières « mixtes » par nature, mais que n’importe quelle catégorie d’œuvre temporelle, si elle devient par exemple l’occasion d’un danger de déviation spirituelle, peut entrer dans le domaine « mixte » ; et qu’il appartient à l’Église seule et à son Chef d’en juger avec autorité, et de déterminer ainsi, en chaque cas particulier, l’étendue de l’application du pouvoir indirect. Ce pouvoir, qu’il faut envisager dans la lumière du mystère surnaturel de l’Église, et de sa maternité universelle, peut aller jusqu’à déposer des rois qui deviendraient un péril pour la foi de leurs sujets, ou à casser et annuler des lois injustes portées par le pouvoir civil. Non seulement il a été exercé de fait par l’Église, mais à plusieurs reprises, en particulier dans le Syllabus, en condamnant les erreurs du libéralisme, elle a enseigné de la façon la plus nette qu’il fait partie de ses droits imprescriptibles. Il se rattache, nous l’avons vu, à la royauté spirituelle du Christ. Et ainsi, quand on tient compte de la prodigieuse mémoire de l’Église, et des perspectives éternelles où elle exige que l’on se place pour considérer ses actions, on voit quel lien profond, traversant les siècles, unit l’encyclique du Christ-Roi aux actes où le pouvoir indirect fut affirmé avec le plus d’éclat, aux grands enseignements des Papes du moyen âge, et de ce saint Grégoire VII à qui nous devons le plus consolant exemple de victoire de l’esprit sur le despotisme : Canossa.
Le monde moderne est tombé dans un état si misérable, les lois essentielles de la société civile et du pouvoir terrestre sont tellement oubliées, que l’idéal politique du moyen âge : le règne temporel du Christ parmi les nations, parait actuellement à l’extrême opposé d’une réalisation dans les faits. On comprend que sans nier l’urgence d’un retour à de saines conceptions politiques, ni le droit pour les catholiques comme pour les autres de chercher à faire triomphes, par tous moyens honnêtes, le régime politique qu’ils jugent le meilleur pour leur pays, ni l’importance des devoirs civiques et politiques imposés à chacun par le quatrième commandement, l’Eglise aujourd’hui, non seulement insiste comme elle l’a toujours fait sur son indifférence à l’égard des diverses formes de gouvernement légitime, mais prenne elle-même une attitude de plus en plus apolitique ou plutôt suprapolitique. C’est pour le bien des nations et des États, non pour son bien à elle, qu’elle les aidait jadis à conduire leur œuvre temporelle d’une façon conforme aux exigences de la fin surnaturelle. L’apostasie des nations s’applique, hélas, à la délivrer de plus en plus de ce soin. Ce n’est plus, comme aux siècles chrétiens, pour diriger positivement les gouvernements vers des fins religieuses, qu’elle a à exercer son pouvoir indirect, et à intervenir, avec quelle force parfois, dans le temporel, c’est désormais surtout pour défendre contre l’agression ses droits et les libertés de ses enfants, ou pour éviter que la religion se trouve engagée d’une façon trop étroite dans l’activité politique. Bref ce n’est pas par la reconstruction d’une chrétienté politique, – la paix la plus simple et la plus précaire est déjà si difficile â obtenir dans ce monde détourné de Dieu, – c’est d’abord et avant tout par la restauration et l’expansion de la chrétienté spirituelle qu’elle s’efforce d’étendre sur l’univers entier la royauté du Christ, pax Christi in regno Christi. Voilà l’œuvre à laquelle les catholiques comme tels sont conviés par le Saint-Esprit. Voilà où se manifeste l’unité profonde des intentions et des pensées qu’il inspire au Pape, qu’il s’agisse de préparer de loin le retour de l’Orient chrétien à l’unité, et même la fin des scissions fratricides causées par la Réforme, ou d’appeler solennellement la race jaune au partage de la succession apostolique et du gouvernement des églises. Voilà ce que nous devons comprendre pour égaler notre pensée aux vues universelles et au cœur apostolique de notre Père commun.
Il conviendrait d’insister ici sur les rapports entre la proclamation de la royauté universelle du Christ et les accroissements donnés de nos jours par l’Église à l’admirable activité des missions. Sans parler des désastres spirituels amenés par le mercantilisme et les vues bassement intéressées des gouvernements européens, les préjugés sur l’infériorité radicale des races non-blanches, qui semblent s’être accusés follement au XIXe siècle, – le naturalisme humanitaire ayant alors fait passer à la race blanche la mission privilégiée de l’Église et les supériorités apportées par le baptême, – ces préjugés qui faisaient regarder les missionnaires comme les apôtres non seulement de Jésus-Christ mais aussi d’une certaine civilisation humaine, ont été, semble-t-il, un des principaux obstacles à l’évangélisation du monde. L’Eglise aujourd’hui renverse cet obstacle. Elle affirme que les diverses races et les diverses cultures ont leur place légitime dans l’unité spirituelle de la chrétienté, et peuvent fournir des évêques au troupeau du Christ. Elle seule, à l’instant que la culture jadis chrétienne achève de se corrompre, peut sans péril se tourner vers les cultures non chrétiennes, vers les cultures de l’Orient et de l’Extrême-Orient en particulier, parce quelle seule a de quoi tout rectifier dans les âmes de bonne volonté. Qu’on n’imagine pas pour cela qu’elle abandonne jamais les vertus supérieures qu’elle-même a fait produire à la civilisation occidentale. Il s’agit, non pas d’opposer irréductiblement une culture à l’autre, et non pas de les brouiller toutes dans un mélange sans nom, mais d’user des formes intellectuelles les plus pures et les plus actives élaborées par la tradition gréco-latine, pour sauver et intégrer dans la lumière du Verbe incarné, sans porter la moindre atteinte à leur individuation et à leur autonomie nationales, tout ce qu’il y a de sage, de bon, de vraiment humain, et même divin dans les cultures non européennes.
Penserons-nous maintenant qu’une œuvre si difficile et si immense puisse s’accomplir sans le secours de la raison la mieux armée, et d’une doctrine qui rassemble dans la synthèse la plus précise et la plus haute la sagesse des philosophes et la sagesse des saints, le trésor intellectuel de l’Église ? Quel autre instrument est capable de servir à un tel travail, sinon l’instrument très sûr et véritablement universel préparé par saint Thomas d’Aquin ? Sa doctrine apparaît comme l’instrument intellectuel propre de la foi catholique. « De même que jadis il fut dit aux Égyptiens qui se trouvaient dans une extrême disette : Allez à joseph, pour qu’ils se procurassent le froment, soutien du corps, de même, écrit Pie XI, s’ils Nous écoutent, tous ceux qui ont le désir de la vérité iront à Thomas[19] ». L’encyclique Quas Primas et l’encyclique Rerum Ecclesiae rejoignent ainsi l’encyclique Studiorum ducem. Et celle-ci, éclairée par les deux autres, nous montre en Thomas d’Aquin le véritable apôtre des temps modernes, allant soumettre par tout l’univers l’intelligence de l’homme, et toutes les richesses de la culture, à l’empire du Christ,-Roi.
Jacques MARITAIN
[Ca date un peu, y a des choses à revoir, mais le fond n'est pas mal]
[1] 1. Cf. R. P. Humbert Clérissac, Le mystère de l’Eglise, chap. 1.
[2] Cf. Saint Thomas d’Aquin, Sum. théol., III, 8, 3, ad 1.
[3] Encyclique Quas Primas.
[4] Cf. Ch.-V. Héris, La Royauté du Christ, Rev. des sc. phil. et théol., juillet 1926.
[5] Encyclique Quas Primas.
[6] Saint Thomas d’Aquin, De Regimine principum, lib. I, c. 14.
[7] Ibid.
[8] Saint Paul, Colos., I, 24.
[9] Saint Thomas d’Aquin, Sum. theol., III, 8, 6.
[10] Cf. Ch.-V, Héris, article cité.
[11] Cf. Saint Thomas d’Aquin, Sum. theol., III, 8, 7 : « Diabolus est caput omnium malorum ».
[12] Cf. Ch.-V. Héris, article cité.
[13] Saint Paul, Hebr., II, 8.
[14] Encyclique Quas Primas.
[15] R. P. Hnmbert Clérissac, Le Mystère de l’Eglise.
[16] « Habet spiritualem [gladium] tantum, quantum ad executionem ; sed habet etiam temporalem quantum ad ejus jussionem. » Saint Thomas d’Aquin, in IV. Sent., Dist. XXXVII, expos. textus. (Cf. Jean Rivière, Le Problème de l’Église et de l’État au temps de Philippe le Bel, Introduction.)
[17] Boniface VIII, Bulle Unam Sanctam.
[18] Ch.-V. Héris, art. cité. Ce pouvoir instrumental ressortissant à la royauté spirituelle est tout autre chose, comme le remarque très justement l’auteur, que la royauté temporelle elle-même, dont il a été question plus haut.
[19] Encyclique Studiorum ducem.
Salaires des enseignants : Santini délire sur les ondes
« Si l'on prend l'exemple d'un enseignant en début de carrière et sans charge familiale, qui gagne 4 000 euros par mois... » C'est ainsi que le secrétaire d'État chargé de la Fonction publique André Santini, invité le lundi 19 novembre par France Info, a abordé la question des augmentations de salaire réclamées par les fonctionnaires, avant d'expliquer qu'avec les heures supplémentaires et les activités annexes, ledit enseignant pouvait encore gagner beaucoup plus. Le journaliste qui l'interrogeait n'a même pas relevé cette affirmation mensongère, ce qui laissait penser que le chiffre avancé pouvait correspondre à la réalité.
Malheureusement pour les enseignants, cette réalité est bien différente. Sans parler des vacataires, dont le sort est encore moins enviable, un professeur des écoles (instituteur) ou un professeur titulaire du Capes débutent leur carrière avec un salaire tournant autour de 1 400 euros par mois, pour atteindre un maximum de 2 921 euros net après trente ans d'ancienneté. Quant aux professeurs agrégés, ils démarrent avec une centaine d'euros de plus pour finir avec un maximum de 3 500 euros.
Avec ces chiffres, qui émanent de la grille officielle des salaires de l'Éducation nationale, on est donc loin du compte. Alors de deux choses l'une : ou bien Santini en s'exprimant a étalé son incompétence, ou bien il a sciemment sorti un mensonge pour essayer de dresser l'opinion contre les enseignants.
À moins qu'il ne soit à la fois menteur et incompétent.
"Tout le monde n'a en bouche que le pouvoir d'achat : mais quel pouvoir est-ce donc, que celui d'acheter des monceaux d'objets comme nous le faisons tous ? On dirait que c'est le dernier hochet que l'on a trouvé pour nous distraire."
Nicolas Sarkozy fait très bien son travail, la preuve !
Ci-dessous la transcription de la chronique de Frédéric Bonnaud, "Politiquement incorrect", diffusée à 13h10 sur Europe1, le 20 novembre 2007. Un petit chef d’œuvre de lucidité qui résume tout le bien que nous pensons de notre formidable Président de la République.
Jean-Marc Morandini (JMM) : J’ai moi-même posé cette question : Où est en ce moment Nicolas Sarkozy ? Vous souhaitez répondre à tous ceux qui se plaignent de ce silence présidentiel en ces temps difficiles.
Frédéric Bonnaud : Mais oui ! Il a raison, son porte-parole, qui n’est pas Laurent Ruquier : disons que les gens ne sont jamais contents ; quand il parle trop il est omnipotent, et quand il parle pas il ne fait rien. À vrai dire, JMM, on ne voit pas bien pourquoi Nicolas Sarkozy s’exprimerait aujourd’hui sur cette grève des fonctionnaires qui sont inquiets pour leur pouvoir d’achat. Il faut quand même se mettre à sa place : c’est une revendication catégorielle. Or, Nicolas Sarkozy est fonctionnaire que je sache, et question pouvoir d’achat, avec la petite augmentation qu’il s’est autoaugmenté-là, vous savez, ces dernières semaines de ce coté-là, tout va bien. Pourquoi voulez-vous qu’il fasse grève, cet homme ? En fait je trouve que l’ambiance rappelle celle d’après la campagne de 1995, vous vous souvenez, quand Jacques Chirac avait été réélu avec ce slogan génial qui était «la fracture sociale». Au bout d’à peu près la même période, 6/7 mois, on s’est aperçu que Jacques Chirac ne faisait rien pour la fracture sociale. Et personne ne serait allé dire à Jacques Chirac : Dis quelque chose sur la fracture sociale. Jacques Chirac disait en privé : «Les promesses n’engagent que ceux qui y croient». Eh ben Sarkozy, c’est exactement pareil. Il a fait campagne sur le pouvoir d’achat, toute la campagne était sur le pouvoir d’achat, avec cette formule que j’adore : «Travailler plus pour gagner plus». Que voulez-vous qu’il dise, JMM ? Eh ben non, il ne tient pas ses promesses. Voilà, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. J’ai regardé hier sur France2 "Complément d’enquête", d’ailleurs c’est l’émission de notre rédacteur en chef Benoît Duquesne. Il y avait un reportage fascinant sur Neuilly. On oublie toujours ça, nous avons élu à 53% le maire de Neuilly, la commune la plus riche de France. Et ce maire de Neuilly, ses meilleurs copains, c’est des patrons du CAC 40. Il y a des gens qui sont étonnés qu’il fasse sa politique pour ses administrés de Neuilly et pour ses copains du CAC 40. Mais il faut vraiment être absurde pour être étonné de ça. Les gens sont incroyables, JMM.
Jean-Marc Morandini (JMM): Mais c’est le rôle du Président de s’occuper des choses vraiment importantes.
Frédéric Bonnaud : Mais il s’occupe des choses vraiment importantes, c’est clair. Le Président appartient à une oligarchie financière, et il s’occupe de cette oligarchie financière. Par exemple, on a appris que le 16 novembre, c’était vendredi dernier, il a reçu les journalistes des Échos qui étaient un peu inquiets, paraît-il : Qu’est-ce qui va se passer, patati, patata, parce que vous savez le journal Les Echos, premier quotidien économique de France, est racheté par Bernard Arnault, grand copain de Nicolas Sarkozy, ça a été son témoin de mariage et il était à la fameuse nuit du Fouquet’s où aucun de nous trois n'était invité. Donc Bernard Arnault achète Les Echos, et qui nomme le rédacteur en chef, le grand patron ? Nicolas Sarkozy ! Et après, on va me dire qu’il ne fait rien, que soit disant il suit la grève. Non, il a reçu les journalistes des Echos vendredi dernier à l’Élysée. On a eu le script de la conversation et il leur a annoncé, très calmement, qu’il nommait lui, Nicolas Sarkozy, Nicolas Beytout à la tête des Échos. Voilà c’est vraiment un Président qui fait tout, il nomme même les chefs de rédaction.
Jean-Marc Morandini : Nicolas Beytout qui était au Figaro avant… Finalement ça doit être Bernard Arnault qui doit être content que le Président s’occupe si bien de lui.
Frédéric Bonnaud : Bernard Arnault est très très très content ! Voilà, il faut arrêter de se plaindre. Est-ce qu’il manifeste, Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France ? Mais pas du tout. Il ne manifeste pas. Parce que figurez-vous qu’en douce, il y a eu une réforme de la fiscalité des dividendes. Alors c’est très compliqué, je ne vais pas vous expliquer, mais j’ai quand même bien compris le résultat. Donc, ça concerne les revenus versés par les entreprises à leurs actionnaires. Or, on apprend qu’il va y avoir une très très nette baisse fiscale pour les gens qui touchent beaucoup beaucoup de dividendes.
C’est ainsi que Bernard Arnault, donc un des meilleurs amis du Président, a touché la coquette somme en 2007 – pas des salaires, JMM, ce sont des dividendes - de 327 millions euros. Il faut le répéter : 327 millions euros. C’est pas des zlotys, c’est pas des yens, c’est pas des francs anciens ou nouveaux, ce sont des euros, 327 millions d’euros. Et grâce à cette petite réforme de la fiscalité des dividendes, vous savez combien il va économiser, Bernard Arnault, pour l’année 2007 ? Il va économiser 19 millions 560 mille euros, soit 1.000 ans de salaire annuel d’un Français. Et ensuite on nous dira que le Président ne fait pas son travail, n’applique pas le programme pour lequel il a été élu.
Vous savez, faire des cadeaux fiscaux aux riches, c’est très simple. Augmenter le pouvoir d’achat des pauvres, c’est beaucoup plus difficile. On est en train de s’en apercevoir.
Toujours pas d'enquête judiciaire sur la caisse noire de l'UIMM !!!
Ca fait 56 jours que l'enquête préliminaire a été rendue publique sur les millions d'euros liquide d'argent sale du Medef.
56 jours ! Et Mme Dati n'a ouvert encore aucune enquête judiciaire.
Le patron de l'Unedic ( !), DGS, payait des salaires en liquide sans cotisations sociales !
Il alimentait des caisses anti grèves.
Est ce lui qui paie les manifs de prétendus usagers venus de Neuilly ?
Qui paie l'UNI ?
Qui payait déjà l'UNI du temps du "jeune" Sarkozy en 1976 ?
Dans quel pays sommes nous ?
Où va cet argent sale ?
Mme Parisot s'est dit "salie", elle n'est pas pressée de se laver... Pourquoi cette "omerta" qui dure ?
Une république bananière ?
600 millions d'euros de racket, des millions d'euros en liquide, en mallette de 26 à 32 kg, pour casser les grèves ! tout cela mis à jour par le TRACFIN depuis l'an 2000... et pas d'enquête judiciaire au bout de 56 jours ?
Pourquoi la bande organisée qui distribuait cet argent sale n'est elle pas en préventive ?
Elle reste libre de se concerter, de dissimuler les preuves de ses méfaits !
N'importe quelle bande de voleurs de mobylettes, pour dix mille fois moins que cela, serait en préventive, pourquoi la bande organisée à l'argent sale, aux millions d'euros en liquide, de l'UIMM-Medef n'est elle pas en préventive ?
[ATTENTION] Robert Badinter : "Ne pas confondre justice et thérapie"
Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures nouvelles sur la justice, à l'occasion de plusieurs faits divers. A chaque fois, il affirme son intention de se placer du côté des victimes. Quelle doit être la place de la victime dans le processus judiciaire ?
La justice pénale doit impérativement prendre en compte les intérêts de la victime, assurer le respect de ses droits et la réparation des préjudices subis. La victime doit être traitée en justice avec toute l'humanité que sa souffrance appelle. J'ai été le témoin jadis de l'indifférence avec laquelle l'appareil judiciaire traitait la victime. A la chancellerie, j'ai beaucoup oeuvré pour étendre les droits et améliorer la condition des victimes d'infractions. Depuis lors, des progrès sont encore intervenus.
Mais il faut rappeler que la justice pénale n'a pas pour mission d'être une thérapie de la souffrance des victimes. Elle a une fonction répressive, dissuasive et expressive, car elle exprime les valeurs de la société. Mais elle ne saurait avoir une finalité thérapeutique. Il existe des systèmes judiciaires, notamment anglo-saxons, qui n'admettent pas la victime comme partie dans le procès pénal, la réparation de son préjudice étant assurée par les juridictions civiles.
Ce n'est pas notre choix et l'on doit s'en féliciter. Mais au nom de la souffrance des victimes, qui appelle toute la solidarité de toute la société, nous ne devons pas altérer le difficile équilibre de la justice pénale qui repose sur les principes du procès équitable inscrit dans la Convention européenne des droits de l'homme.
Or nous assistons à une sorte de dérive. Se proclamer du côté des victimes est toujours politiquement profitable. Qui serait contre ? Nous sommes dans une société d'émotion qui se veut compassionnelle. Rien ne mobilise plus l'émotion que le crime et la souffrance des victimes, décuplée par la médiatisation et la puissance des images à la télévision. Cela nourrit la pulsion de vengeance qui est au coeur de la réaction humaine en présence d'un crime atroce. Mais la justice ne peut se confondre avec la vengeance ni avec la compassion pour les victimes. C'est ce qui rend son exercice si difficile. Rappelons-nous l'affaire d'Outreau...
En matière de justice, on a l'impression que la loi est modifiée à chaque fait divers. Peut-on construire une politique pénale de cette façon ?
Devant la vague émotionnelle que suscite un crime odieux, les femmes et les hommes politiques se sentent interpellés. La réponse la plus simple consiste à dire : faisons une loi pour éviter que cela se reproduise. Regardons ce qui est advenu depuis 2002 en matière de récidive, notamment celle des délinquants sexuels. Alors que la loi Guigou de 1998 avait déjà instauré un suivi socio-judiciaire, on a voté successivement les lois Perben 1 et 2, la loi sur la récidive de 2005, celle sur la prévention de la délinquance en mars 2007, un nouveau texte à la session extraordinaire de juillet, et on nous annonce une nouvelle loi à la rentrée parlementaire !
La multiplication des lois, sans chercher à s'assurer de leur efficacité, engendre un désordre législatif préjudiciable. Trop de lois nuisent à la Loi. Quel bilan a-t-on fait de l'ensemble de ces textes ? Quelle a été l'effectivité de leurs dispositions ? On est entré dans un système où la loi devient un mode de communication politique. Mieux vaudrait s'assurer de sa mise en oeuvre.
Prenons le cas de l'affaire Francis Evrard. Elle pourrait faire l'objet d'une commission d'enquête parlementaire. Pourquoi, dans ce cas, l'arsenal des dispositions inscrites dans les lois existantes n'a-t-il pas fonctionné ? Pourquoi les mesures de surveillance judiciaire ont-elles été inopérantes ? A-t-il fait l'objet d'un traitement psychiatrique en détention ? A-t-on mobilisé juges de l'application des peines, psychiatres, agents d'insertion et de probation à sa sortie ? Cette affaire grave révèle une série de dysfonctionnements auxquels il serait plus urgent de porter remède que de légiférer dans la hâte.
La principale mesure est celle d'un hôpital-prison pour délinquants sexuels dangereux, où ils iraient après leur peine. Que pensez-vous de cette initiative ?
Il faut bien mesurer que ce qui s'annonce là est un changement profond de la fonction du juge. Que prévoit-on ? Le juge sera en présence d'un détenu qui aura purgé entièrement sa peine, qui "aura payé sa dette à la société", comme on le dit familièrement. Que va-t-on demander à ce juge ? Au vu d'un rapport d'expertise psychiatrique - et la psychiatrie n'est pas une science exacte -, le juge devrait décider la détention de quelqu'un qui n'aurait pas commis de nouvelle infraction, mais qui recèlerait en lui la possibilité d'en commettre, en fonction d'une dangerosité présumée. Le juge ordonnerait une détention sans infraction ni condamnation !
Je crains que pour pallier les carences dont on aura fait preuve, dans le traitement des condamnés au cours de l'exécution de leur peine, on ne crée un système judiciaire destiné à mettre à l'écart, sinon à éliminer, des individus en raison d'une dangerosité présumée. Nous sommes là en face d'un choix très grave pour l'avenir.
Quelle solution faudrait-il mettre en place ?
Il faudrait, dès l'arrivée en détention de tels condamnés, mettre en place un véritable projet pénitentiaire, élaboré à partir d'un bilan médical et psychiatrique. Il faudrait élaborer un programme de traitement pour les années à venir en détention et au-delà dans le cas d'une libération conditionnelle ou d'une surveillance judiciaire.
Il faudrait qu'une telle prise en charge soit effective, qu'elle ne soit pas seulement inscrite dans la loi ou sur des circulaires sans être réellement appliquée. Si l'on ne mobilise pas tous les moyens de traitement pendant que de tels criminels sont en prison durant des années, alors comment supprimer ou atténuer leur dangerosité et préparer leur sortie ?
Cela vaut non seulement pour ceux qui sont atteints de troubles mentaux ou les délinquants sexuels, mais aussi pour tous ceux qui sont condamnés à des peines d'une certaine durée. La préparation à la sortie est essentielle pour tout détenu et pour la société. La réinsertion est l'un des objectifs fondamentaux de la prison. Il faut s'en préoccuper dès l'entrée et pas à la veille de la sortie. Toutes les mesures qui facilitent cette réinsertion et la prévention de nouvelles infractions doivent être effectivement mises en oeuvre, y compris la généralisation du bracelet électronique dans le cadre de la libération conditionnelle ou de la semi-liberté s'agissant de tels criminels.
Autre fait divers, autre annonce. Nicolas Sarkozy a demandé que l'on organise des procès pour les irresponsables pénaux.
Ce serait un détournement de la justice que de juger des déments déclarés comme irresponsables. On aurait un procès fictif dont le but serait de permettre aux familles des victimes de "faire leur deuil". Les psychiatres estiment que le processus de deuil est si complexe qu'on ignore réellement quel effet thérapeutique peut susciter un tel procès. Il est naturel qu'une victime veuille assister au jugement de l'auteur de l'infraction. Mais on ne va pas transformer le procès en psychodrame judiciaire. Ce serait dévoyer la justice sans mieux assurer les droits des victimes.
Il existe déjà des dispositions en faveur des victimes en présence d'une éventuelle irresponsabilité pénale pour cause de démence. La partie civile peut demander une contre-expertise psychiatrique. Si le non-lieu est prononcé, elle peut faire appel devant la chambre de l'instruction qui tient une audience publique. La loi permet de reconnaître que le crime a été commis par la personne jugée irresponsable, et la victime peut obtenir des dommages-intérêts en l'absence de condamnation pénale.
Aujourd'hui, le nombre de non-lieux pour irresponsabilité totale est infime par rapport à celui des criminels qui sont considérés comme partiellement irresponsables, condamnés et envoyés dans des établissements pénitentiaires où ils sont très nombreux. C'est là une des grandes difficultés à laquelle est confrontée l'administration pénitentiaire : la détention et le traitement des condamnés atteints de troubles mentaux et qui sont en prison. Dans le cadre de la loi pénitentiaire, cette question majeure devra être traitée.
Le gouvernement a annoncé son intention de créer un juge des victimes. Qu'en pensez-vous ?
Je ne vois pas son rôle. S'il s'agit de défendre les intérêts des victimes en justice, c'est aux avocats de le faire. Et toute victime peut obtenir au besoin l'assistance d'un avocat d'office. Alors que fera le juge ? Recevoir la victime, la guider à travers le dédale des procédures, c'est là aussi la fonction de l'avocat. Veiller à l'exécution de la décision rendue ? Là aussi, c'est à l'avocat de le faire. Devra-t-il alors veiller à ce que les avocats s'acquittent avec diligence de leur tâche ? Singulière mission pour un magistrat.
Il y a quelques années, le gouvernement avait instauré un ministre délégué aux droits des victimes. Ses mérites personnels n'étaient pas en cause, mais son domaine de compétence est toujours demeuré insaisissable. Et on n'a pas renouvelé l'expérience.
Je voudrais savoir pourquoi un employé de la RATP ou un cheminot qui va devoir bosser (au minimum) 2,5 ans de plus pour toucher des pensions plus faibles devrait l'accepter sans se mettre en grève ?
Quel choix a-t-il ?
Faire confiance à un gouvernement d'hystériques qui le traite de privilégié ?
Abandonner le mouvement - c'est à dire son seul moyen de pression - parce que les "usagers" en sont les victimes directes ?
Il y a vraiment beaucoup de choses qui me dérangent dans cette affaire. Allons y :
1. La vindicte : il n'est pas acceptable de réformer sous la pression de la stigmatisation.
Comment parler de "privilégiés" quand on ne regarde jamais du côté des retraites-chapeau à 1 million des PDG ou plus ordinairement des "autres" régimes spéciaux ?
Députés ?
Militaires ?
Exploitants agricoles (4 milliards de transferts par an, d'après l'humanité) ?
Qui d'autre ?
Pourquoi personne n'est capable de comparer ces "privilégiés" a 1000 euros de retraite mensuelle aux bénéficiaires des largesses patrimoniales du régime ?
2. Le flou : le niveau du débat est proprement affligeant.
A part parler "d'alignement" et de donner les trois pauvres éléments de comparaison qui arrangent le gouvernement (années de cotisations, absence de décote, indexation sur les prix), on n'a jamais tous les chiffres : taux de cotisation (et même si "le taux de cotisation employeur plus élevé" est un argument à double tranchant), nombre de retraités surnuméraires, coût exact des dispositions plus favorables pour les cheminots, modulées par les écarts de salaires, etc.
Même remarque pour l'impact de la démographie sur l'ensemble des régimes, débat qui n'a pas vraiment eu lieu en 2003.
3. La fausse équité : si on peut considérer que les régimes spéciaux ne se justifient pas dans l'absolu, parce que la pénibilité n'est pas un argument suffisant, pas plus que l'histoire glorieuse des luttes, leur normalisation ne sera pas pour autant une victoire de l'équité.
En effet, où vont aller les économies ?
Ces gains pour l'état permettront-ils de continuer à financer les exonérations d'IS pour l'épargne retraite (dispositif complètement discriminatoire), ou les autres mesures d'abattement des cotisations sociales ?
Pourquoi personne n'est là pour parler des putains d'heures sup gratos et du manque à gagner pour la sécu ?
En outre, quand parlera-t-on de la vraie inégalité au sein des régimes de retraites, celle liée à l'espérance de vie ?
4. Les conséquences pour tout le monde : pour les retraités des régimes spéciaux comme pour les autres, que va-t-il se passer concrètement ? Combien de vieux obligés d'accumuler 42 ans de cotisations vont y parvenir, combien de seniors se retrouveront sommés de se bouger le cul par les mêmes qui refuseront de les embaucher dans leur propre boites ? Combien de vieux vont devenir pauvres ?
Il est évident que ce gouvernement qui porte l'inégalité en étendard propose une réforme injuste, qui conduit à une radicalisation inévitable, en attendant un compromis bancal. Piketty recadre bien le débat, mais il est bien seul.
Le PS brille encore une fois par son absence, alors que c'est le moment de proposer quelque chose qui réponde à la fois à la demande d'égalité, de prise en compte de la pénibilité et de niveau de vie des retraités tout en posant la question du coût des transferts pour l'économie.
La phrase que j'ai entendu le plus souvent chez les sarkolâtres, c'est "j'ai pas envie de réfléchir, c'est mon droit !""
J'ai toujours été frappé - et je le suis de plus en plus, le phénomène semble en forte aggravation - par la quantité de gens qui refusent absolument de réfléchir et l'assument complètement.
Comme si le moindre effort intellectuel de leur part était une obscénité inenvisageable.
Dès que tu mets en cause une de leurs convictions étayée sur du vent, tu obtiens un "J'ai pas envie d'en discuter. Trop compliqué. Prend la tête ! Et puis d'ailleurs je ne sais pas (blabla), je ne suis pas qualifiée pour (blabla). Mais Nicolas Sarkozy / Monsieur le curé / l'imam / la télé / Pernaut, Pujadas, Farce-Info / la bible a dit que...
Et puis c'est comme ça (conviction ferme) et je ne changerai pas d'avis !"
Je comprendrais ça à la rigueur de la part de personnes qui se seraient construit un avis éclairé au termes de longues analyses et réflexions, et qui n'auraient pas envie de tout reprendre à la base pour la énième fois avec le même contradicteur avec lequel ils se seraient déjà moûltes fois confrontés sans parvenir à un accord, mais non, il s'agit bien souvent de personnes dont je sais pertinemment qu'elles n'ont jamais consacré 15 secondes de temps de cerveau disponible à l'analyse de la question à propos de laquelle elles avancent les plus fermes certitudes, et au nom de laquelle elles sont éventuellement prêtes à envoyer allègrement des tiers au bûcher.
Et toute remise en question de "leurs" opinions est vécue comme une remise en question de "leur personne" une et indivisible :-/
Et encore, y a pire, y a ceux qui croient avoir une pensée mais qui ne font que rechier ce qu'ils ont entendu au café du commerce ou à la télé...
Je n'arrive tout simplement pas à comprendre ce fonctionnement, mais compte tenu du nombre, je pense que c'est moi qui suis anormal, ainsi que quelques autres anormaux que je fréquente...
C'est à titre de service public que je vous signale, si vous ne l'avez pas déjà lu, le très nécessaire billet d'Etienne Chouard : "Démolition accélérée du droit du travail", billet dans lequel Etienne publie l'autopsie détaillée faite par Richard Abauzit, ancien Inspecteur du Travail, de ce que nous nous sommes fait mettre dans le fondement bien profond et avec de moins en moins de vaseline.
Il y a bien des manières de se faire mettre des choses plus agréables dans le fondement, hélas.
Dans l'idée d'alléger la charge du site d'Étienne, et d'élargir la diffusion de ce document, j'attache à ce billet le fichier PDF de l'analyse de Richard Abauzit. Téléchargez-le ici, ça laissera plus de bande passante à ceux, certainement bien plus nombreux, qui le téléchargeront de là-bas.
Vous connaissez "Contribuables Associés" ?
Non ?
Rhalala, vous ne savez pas ce que vous manquez...C'est une association qui reprend le flambeau du poujadisme de papy, tout en le relevant d'une bonne dose d'ultralibéralisme bien bas du front tendance reagano-thatcherien ; oui, tout de suite, ça donne envie, je sais...
CA fait partie d'un reseau d'associations, de lobbies et de "think tank" tous dédiés au Dieu Pognon, qui militent tous avec acharnement pour qu'on arrive le plus vite possible à une société où seuls ceux qui sont "méritants" (= situés dans les tranches fiscales supérieures) auront le droit de vivre décemment ; les pauvres et autres smicards ne se donnant pas les moyens d'être "responsables" (= épargner et devenir de petits actionnaires), ils n'auront finalement que ce qu'ils méritent, c'est-à-dire pas grand' chose, voire que dalle. Que voulez-vous, c'est la loi du Marché...
Dans cette nébuleuse, Contribuables Associés prend comme rôle de défendre le pauvre contribuable harassé d'impôts, laminé par les taxes, écrasé par les charges, et veut rien moins que "faire pression sur les autorités politiques pour les obliger à prendre les décisions en matière de diminution de la dépense publique."
Car oui, nous y voilà : CA ne propose nullement de taxer les stock-options, ou mieux, de faire franchement rendre gorge aux milliardaires du CAC 40 qui s'enrichissent sur notre dos avec la bénédiction des gouvernements successifs ; mais revendique de ne plus vouloir donner d'argent à l'État, c'est à dire à la fonction publique...
Je ne ferai pas ici la liste des diatribes anti-fonctionnaires qui constituent l'essentiel de leur site, la liste serait définitivement trop longue.
En résumé : plus d'argent pour le public, davantage de subventions pour le privé (le libéral dégueule sur l'État tout en exigeant de lui qu'il raque pour ses intérêts ; imaginez la même chose à un niveau individuel : un type passe son temps à vous agonir d'injures et de mépris, et juste après vous supplie de lui prêter 500 euros...oui, le libéral n'a peur de rien, c'est d'ailleurs à ça qu'on le reconnaît), et la volonté d'en finir avec la solidarité instituée par l'État social, où en gros chacun met au pot pour que tout le monde puisse en profiter, pour un modèle social où seuls ceux qui "connaissent" la valeur de l'argent (= le bon vieux "un sou est un sou" de l'épicier) auront droit à quelque chose...
Vous me direz : jusqu'ici, guère de surprises ; on est dans le bon gros conformisme poujado-libéral tendance Jean-Pierre Pernaud. Du prêt-à-penser de base, alors qu'un véritable anti-conformisme consiste à défendre les fonctionnaires (garants de l'égalité de tous devant les services de l'État) et à se dire content de payer des impôts (qui sont redistribué et profitent à tous, du moins en théorie : c'est là qu'on voit que mine de rien, la fiscalité est une des bases de la démocratie...ben oui. Ça n'apparaît pas évident quand on voit le joli blister du Trésor Public dans sa boîte aux lettres, mais pourtant c'est la vérité : quand on paye des impôts, on cotise pour que chacun puisse avoir accès de la façon la plus modique possible à la Sécu, à l'Éducation, aux assurances chômage, etc. Ce qui est insupportable pour le libéral, pour qui les choses n'ont de valeur qu'à partir du moment où on les paie, où on les achète ; oui, c'est lamentable, je suis d'accord).
Mais.
En fouillant un peu, on trouve des pépites...
Et particulièrement, l'interview de Jacques Remiller, député UMP de l’Isère, qui, dans le cadre du "projet de loi sur la maîtrise de l’immigration", "avait proposé deux amendements : pour que cette formation soit payante et qu’elle soit sanctionnée par un examen."
Oui vous avez bien lu.
Je vous livre le paragraphe en entier, vous allez voir ce que vous allez voir :
"Est-ce juste de demander aux futurs immigrés de payer leur formation ? Oui, cette charge leur revient. L’inscrire au budget de l’État, c’est mettre un nouvel impôt sur le dos des Français. Il ne peut pas y avoir deux lois en France : une qui demande aux parents français de payer la formation de leurs enfants et une autre, pour les étrangers, qui n’auraient rien à payer. Le candidat à l’immigration dispose incontestablement de revenus puisqu’il finance son voyage. Et puis les membres de sa famille qui sont en France peuvent l’aider. Mais l’argument principal reste que c’est une dépense de plus pour l’État. Or nous avons déjà trop de dépenses."
Ouais...
Plus "décomplexé", là, je vois pas...
Surtout la phrase culte "Le candidat à l’immigration dispose incontestablement de revenus puisqu’il finance son voyage."
Traduction : les immigrés qui ont les moyens de se payer l'avion et d'avoir des papiers, on ne les accueille même pas à bras ouverts : faut qu'ils fassent leurs preuves.
Alors les autres, hein...
On s'est compris.
Bien sûr, notre umpiste déplore que Brice Hortefeux lui ait demandé de retirer ses amendements ; oh oui alors, comme c'est dommage...Mais c'est un garçon optimiste : "le ministre s’est engagé à ce que l’on reparle plus tard de mes amendements"...
Normalement, vous sentez un truc qui monte, à l'intérieur de vous, quand vous lisez ce genre de choses non ? Et ce qui monte, c'est pas de l'amour, non non non...
C'est ça qui fait tout le charme du poujadisme 2.0 : derrière la défense du "petit" contre les "gros", il y'a toujours le bon vieux racisme old-fashion qui pointe son grouin. La France rance qui n'a jamais digéré 1936 et mai 68, la France laborieuse et repliée sur elle-même, la France blafarde qui a voté Le Pen pendant des années avant de se tourner vers Sarkozy, en un mot : ce que ce pays peut produire de plus putride.
C'est ça, la laide réalité qui fait le fond idéologique de ce genre d'associations.
Et pour information, CA fait partie des micropuscules qui ont appellé dimanche à une contre-manif pour soutenir les "réformes"...
Oui, c'est ce genre de personnes que nous avons en face de nous.
Et là aussi, je vous laisse en tirer les conclusions qui s'imposent.
La grève des transports pour la défense des retraites donne l’occasion à la droite de vomir sa bile haineuse. Micros et caméras pataugent dans la fange des inepties des anti-grévistes. Il faut répondre aux pires de ces délires.
"C’est une prise d’otages !".
Non. Une prise d’otage, c’est si on t ’enferme dans une cave, menotté au mur, cagoulé, et que régulièrement on vient te foutre un pistolet sur la nuque en te menaçant de te buter parce que ta famille ne paye pas. C’est ça, une prise d’otage. Là, il s’agit simplement d’une grève.
"On nous empêche de travailler !".
Non. Il n’y a pas de piquet de grève devant chaque entreprise. Personne n’est empêché de travailler. Simplement il faut nous démerder tous seuls pour nous déplacer, sans les cheminot-e-s et les traminot-e-s. Au passage, la situation illustre l’absurdité totale de l’aménagement du territoire qui consiste à loger les travailleurs et travailleuses à l’est de Paris et à placer leurs entreprises à l’ouest. Si habitation et travail étaient plus harmonieusement organisés, les transports ne poseraient pas tant de problème.
"Supprimer les régimes spéciaux, c’est une question d’équité".
Non. C’est une question de dumping social. L’équité, ce n’est pas aligner sur le pire régime, mais sur ce qu’on peut faire de meilleur pour le plus grand nombre. Et l’équité n’est pas non plus à géométrie variable. Si la préoccupation réelle du gouvernement Sarkozy était l’équité, il instaurerait un salaire unique. Puisque tou-te-s les travailleurs/euses sont sensés cotiser le même temps pour leur retraite, pourquoi donc ont-ils et elles des salaires différents ?! Voilà pour le coup qui est bien inéquitable ! Allez, hop, tout le monde aligné sur le salaire moyen (1903 euros par mois en 2005), y compris le président de la République qui vient de se tripler son salaire pour gagner 10 fois ce salaire moyen !
"La mondialisation oblige à supprimer les régimes spéciaux".
Non. Ceux et celles qui pensent ça sont donc prêt-e-s immédiatement à toucher un salaire chinois ou indien, puisqu’"avec la mondialisation on n’a pas le choix" ? Bonne nouvelle pour leurs collègues qui vont pouvoir se partager la différence ! La mondialisation n’est qu’un prétexte pour cacher des choix purement idéologiques.
"Avec l’allongement de la vie, il faut bien travailler plus longtemps".
Non. La productivité augmente plus vite que l’espérance de vie. Donc la richesse existe pour financer largement cet allongement de l’espérance de vie. Simplement il y a un choix politique idéologique : laisser les capitalistes, les actionnaires, les possédants, accaparer cette richesse supplémentaire au lieu de la distribuer à ceux et celles qui ont contribué à la produire.
"C’était une promesse de campagne, être contre est anti-démocratique".
Non. La démocratie, ce n’est pas tout est à prendre ou à laisser. La démocratie, c’est l’élaboration collective du fonctionnement de la société. Il n’y a pas de débat sur cette question, mais un passage en force du fait d’une lubie d’un seul homme. La démocratie, ce n’est pas un chèque en blanc.
"L’opinion publique est contre cette grève, les sondages le prouvent".
Non. Un sondage n’a jamais rien prouvé. Tout dépend de la manière dont on pose la question. Demandons si vous pensez normal de travailler plus pour gagner moins. 99% de Non ! Donc 99% de gens contre la contre-réforme des retraites de Sarkozy.
Alors les anti-grévistes, vos gueules ! Arrêtez vos arguments de pilier de comptoir sans logique. Faites-vous greffer des neurones ! Et soutenez plutôt ceux et celles qui sont en train de se battre pour le droit à la retraite de tous et toutes.
Car il faut être soit complètement stupide, soit totalement malhonnète pour imaginer que le gouvernement Sarkozy s’arrêtera aux régimes spéciaux.
C’est l’ensemble du régime de retraite par répartition qu’il veut détruire pour faire plaisir aux actionnaires des assurances privées. Dès qu’il en aura fini avec les régimes spéciaux, c’est le régime général qui passera à la moulinette de l’allongement de la durée de cotisation (encore !) et de la réduction des pensions (encore et toujours !). Alors bien sûr que c’est chiant, crevant, exaspérant de devoir se débrouiller sans les transports en commun pour se déplacer. Mais les responsables, ce sont les saboteurs des retraites : Sarkozy, Fillon et Bertrand.
Battons-nous maintenant si nous ne voulons pas bosser jusqu’à ce que mort s’en suive !
Traité européen : Sarkozy coupable de haute trahison
"Le projet de «traité modificatif» (reform treaty) européen a été rendu public le vendredi 5 octobre.
On comprend à sa lecture pourquoi ses rédacteurs ont renoncé aux expressions de «mini-traité» ou de «traité simplifié» puisqu'il ne comporte, avec ses douze protocoles et ses 25 déclarations diverses, pas moins de 256 pages et qu'en matière de complexité rédactionnelle on peut difficilement faire pire.
Dans la mesure où ce texte se borne en réalité à recopier sous une autre forme les trois quarts des dispositions du traité établissant une constitution pour l'Europe, il eût certainement été plus simple de reprendre le texte initial en en rayant seulement les dispositions symboliques abandonnées.
On comprend cependant que cette formule ait été écartée car elle aurait manifesté de façon trop criante que l'on se moquait ouvertement de la volonté des peuples français et néerlandais"
Cette analyse n'est pas de n'importe quel gauchiste hirsute - ni souverainiste au crâne rasé - mais d'Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l'université de Rennes et auteur de droit constitutionnel, dans un texte titré Haute trahison.
Elle y ose la formule de "coup d'Etat", argumentée ainsi : "comment le président de la République peut-il décider seul, alors que le peuple français a juridiquement rejeté l’intégralité du traité, de faire cependant ratifier par voie parlementaire la majeure partie des dispositions qu’il contenait au motif que celles-ci «n’auraient pas fait l’objet de contestations» ? (...)
On pouvait peut-être apercevoir que le «non» de gauche déplorait davantage la menace sur l’Etat-providence et le «non» de droite la perte de l’Etat régalien, mais il est certainement impossible et inconcevable de sonder le cerveau de chaque Français en prétendant y déceler des dispositions qu’il aurait rejetées et d’autres qu’il aurait approuvées. La démarche du président de la République prétendant interpréter seul la volonté du peuple français est totalement arbitraire et confine à la dictature. (...) on ne peut qu’être bouleversé par le coup d’Etat ainsi perpétré en France.
Si le président a la conviction que les dispositions restant dans le traité modificatif ont fait l’objet d’une approbation implicite des Français, encore faut-il qu’il s’en assure en organisant un nouveau référendum tendant à obtenir leur accord explicite.
Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup d’Etat ?
Le texte de la très populaire Constitution de 1793 n’y allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : «Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres».
La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française il convient de s’y conformer et de se tourner plutôt vers l’article 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : «Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs».
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, intégrée au préambule de l’actuelle Constitution, range aussi la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de l’homme.
Notre texte constitutionnel affirme encore que le principe de la République est «gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple» et que son président est élu au suffrage universel direct pour veiller au respect de la Constitution, assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat et garantir l’indépendance nationale.
Le terme qui vient à l’esprit pour désigner le mépris présidentiel de la volonté populaire est évidemment celui de haute trahison.
Malheureusement, une révision des dispositions sur la responsabilité pénale du chef de l’Etat, intervenue en février 2007, a substitué à l’antique et belle formule de haute trahison, l’expression affadie et banale de «manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat».
Cela manque singulièrement d’allure et de force mais l’on s’en contentera cependant en proposant aux parlementaires, au lieu de commettre eux-mêmes une forfaiture en autorisant la ratification d’un traité rejeté par leurs mandants, de se constituer en Haute Cour pour sanctionner le coupable.
Sans insurrection ni destitution, nous n’aurons alors plus qu’à pleurer sur notre servitude volontaire en réalisant que nos élus représentent bien ce que nous sommes nous-mêmes devenus : des godillots."
Et en plus, il avoue !
Le futur Président l'avait annoncé clairement dès mars dernier : il n'organiserait pas de référendum justement par crainte que le vote ne soit négatif.
Un cran dans le cynisme vient d'être franchi, comme le rapporte le quotidien britannique The Telegraph dans son édition d'hier. Sarkozy a en effet déclaré, lors d'une réunion à huis-clos de parlementaires européens à Strasbourg : "La France n’était qu’en avance sur les autres pays dans son vote pour le «non».
La même chose arriverait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé.
Il y a un clivage entre les peuples et les gouvernements.
Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger.
Il n’y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, et il en va de même pour un référendum au Royaume-Uni."
S'il ne veut pas de référendum, ce n'est donc pas de peur que la réponse soit négative mais parce qu'il en possède la certitude : c'est bien en quoi celui qui incarne la souveraineté du peuple français, en violant délibérément sa décision, se rend effectivement coupable de haute trahison.
A noter qu'aucun média français ne s'est fait l'écho de la scandaleuse déclaration présidentielle.
Seuls en parlent sur le Web le Collectif du 29 mai, qui a mis en ligne une pétition, et Solidarité & Progrès, le parti du très controversé Jacques Cheminade.
Pour notre part, après un premier billet titré La démocratie confisquée, nous avons publié un Appel à la gauche parlementaire, non pas à réunir la Haute Cour de justice pour destituer le félon - nous n'osons en rêver - mais simplement pour refuser la modification constitutionnelle nécessaire à la ratification parlementaire, et ainsi à obliger Sarkozy à organiser un nouveau référendum.
Faute de quoi, comme l'écrit Anne-Marie Le Pourhiet, ils commettraient eux-mêmes une forfaiture.
Nous réaffirmons évidemment cette exigence.
Mise à jour : le site 29 mai Déni de démocratie projette de coordonner une plainte collective devant la Cour européenne des droits de l'Homme contre la ratification parlementaire.
Après les casseroles traînées par deux membres du gouvernement, André Santini et Bernard Laporte, voilà que le conseiller spécial de Fadela Amara vient d'être condamné pour escroquerie. Dire que Sarkozy accusait la gauche de "soutien à la délinquance" !
"L'autorité et le respect, c'est de notre côté. La fraude et le soutien à la délinquance, c'est de l'autre côté", déclarait un Nicolas Sarkozy en campagne électorale fin mars, à la suite des incidents de la gare du Nord.
"Où a-t-il vu que j'ai soutenu les fraudeurs? C'est lui qui a prononcé l'amnistie pour Guy Drut", avait alors protesté Ségolène Royal, et c'était bien vu : intraitable avec le resquilleur pour 1,40 euros, compréhensif avec les 120 000 euros perçus à titre d'emploi fictif par le député olympique et ancien ministre UMP, comme il sait l'être envers les malversations de son ami Patrick Balkany.
<b>C'est comme ça avec la droite sarkoziste : tolérance zéro pour les petits voyous mais pas un mot sur les délits financiers dans sa loi de prévention de la délinquance... </b>
Mais ça, c'était avant l'arrivée au pouvoir.
Et que constate-t-on aujourd'hui ?
Que "le soutien à la délinquance" que Sarkozy dénonçait du côté de la gauche (et aussi du Moudem, pour faire bonne mesure) est une accusation que l'on pourrait retourner contre lui, à en juger par le pedigree de certains de ses amis, jusqu'au cœur du gouvernement.
Il y a André Santini, secrétaire d'État auprès du ministre du Budget, chargé de la Fonction publique, mis en examen pour "prise illégale d'intérêt", "faux" et "détournement de fonds publics", dans l'affaire du projet (avorté) de création d'un musée d'art contemporain à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), la ville dont il est député-maire.
Il y a Bernard Laporte, secrétaire d'Etat chargé des Sports sous le coup d'enquêtes fiscales pour "présomptions de détournements d'actifs, dissimulations de recettes d'établissements, majoration artificielle des charges, double comptabilité, travail au noir", et contre qui une plainte a été déposée pour "favoritisme" et "tentative d'extorsion" (toutes affaires en passe d'être soigneusement étouffées, ainsi que l'explique Marianne).
Pour ces deux cas, Sarkozy met en avant la présomption d'innocence et c'est normal.
Mais il faut désormais ajouter à cette liste Mohammed Abdi, conseiller spécial de Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Politique de la ville (et secrétaire général de "Ni putes ni soumises"), pour lequel le bénéfice du doute est impossible. Il vient en effet d'être condamné à 18 mois de prison (dont 12 avec sursis) pour escroquerie.
C'est Le Parisien d'aujourd'hui qui révèle l'arrêt de la Cour de cassation, rendu dans la semaine du 5 novembre, confirmant le verdict de la Cour d'appel datant de mai 2006.
Les faits remontent à 1992, lorsque Abdi travaille pour une société de gardiennage, FBL-Services : "Directeur des ressources humaines, il s'occupe des contrats de travail, explique Le Parisien.
Par souci de rentabilité, FBL-Services, en mauvaise situation financière, a recours à des contrats de qualification. Dans ce domaine, la loi oblige l'employeur à fournir au jeune embauché une formation assurée soit à l'extérieur, soit au sein de l'entreprise à condition d'être agréée.
En contrepartie, l'employeur est exonéré de certaines charges patronales et peut obtenir le remboursement des frais de formation engagés auprès de divers organismes.
Pour former ces jeunes, FBL passe par la société Distri Conseil, puis Access Centre Auvergne, fondée en mars 1997 par Abdi.
Deux coquilles vides. (...) Le mécanisme de la fraude reprochée est simple. FBL a produit de fausses attestations de formation et de fausses feuilles de présence pour se faire payer les frais de formation.
Au début de l'enquête, le PDG de FBL, Jean Bousige, a admis que la formation dispensée par Distri Conseil pouvait être qualifiée de «bidon» ou de «virtuelle»."
La Cour d'appel de Lyon n'est pas tendre avec Abdi, dénonçant "son implication de tous les instants dans ce mécanisme d'escroquerie, en parfaite connaissance de cause et sans état d'âme" et faisant observer qu'il était "particulièrement aisé d'abuser de jeunes en situation de difficultés".
La secrétaire d'Etat à la politique de la ville a refusé de commenter la condamnation de son proche collaborateur. On comprend qu'elle soit gênée aux entournures : puisque le verdict de la Cour d'appel est tombé <b>en mai dernier</b>, elle était pertinemment au courant de la casserole que traînait derrière lui Abdi, ce qui ne l'a pas empêchée de le nommer conseiller spécial. Bravo Fadela Amara !
Un escroc au coeur d'un cabinet ministériel ?
On ne doit décidément plus s'étonner de rien en Sarkozie.
When youre weary, feeling small,
When tears are in your eyes, I will dry them all;
Im on your side. when times get rough
And friends just cant be found,
Like a bridge over troubled water
I will lay me down.
Like a bridge over troubled water
I will lay me down.
When youre down and out,
When youre on the street,
When evening falls so hard
I will comfort you.
Ill take your part.
When darkness comes
And pains is all around,
Like a bridge over troubled water
I will lay me down.
Like a bridge over troubled water
I will lay me down.
Pourquoi les agents SNCF ou RATP n'imposent pas la gratuité lors des grèves plutôt que de supprimer les trains ?
A moins que la France s'adapte à une jurisprudence européenne, cela serait considéré comme une "faute professionnelle".
Ouvrez, ouvrez les portillons, les barrières au péage, faites la grève des contrôleurs mais pas des trains ! Voilà la supplique de nombre d'utilisateurs de transports en commun qui exhortent les grévistes à rendre les transports gratuits plutôt que de faire grève. L'opération aurait "l'avantage" de pénaliser l'entreprise au même titre qu'une grève sans provoquer la pagaille chez les utilisateurs.
Mais voilà, c'est impossible. Pour le moment en tout cas. en La question a été posée il y a quelques jours par Sud-Rail et la Fédération des usagers des transports et des services publics (FUT-SP), qui ont réclamé "une table ronde Etat-entreprises de transport-syndicats-usagers" pour faire reconnaître une telle forme de grève. Les deux organisations s'appuient sur un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) du 17 juillet dernier, selon lequel "le ralentissement de travail" d'agents de péage turcs ayant le statut de fonctionnaires, qui avaient quitté leur poste et permis aux automobilistes de passer sans payer, "pourrait être considéré comme une action collective d'ordre général dans le contexte de l'exercice des droits syndicaux".
Considéré comme une faute professionnelle
Cependant, la SNCF ne fait pas la même analyse de ce qu'elle juge comme un "cas d'espèce". "Cela n'est pas qu'un problème juridique", précise Jean-Pierre Menanteau, directeur des finances et des affaires juridiques de l'entreprise. Lors d'une "grève de la pince" en 1989, alors que les contrôleurs avaient refusé en masse de vérifier les billets, la direction de la SNCF avait prévenu que cela constituait "une véritable remise en cause des obligations même du contrat de travail", c'est-à-dire "une faute professionnelle".
Selon Sud-Rail, "les grévistes qui ont intenté des recours juridiques contre leurs sanctions ont été désavoués, ce qui a été un frein à ce type d'expérience". "On comprend bien pourquoi la direction SNCF est hostile à cette forme de grève qui serait au contraire particulièrement bien accueillie par les usagers", estiment le syndicat et la FUT-SP.
Depuis le 17 juillet dernier, la Grève de la gratuité est jugée licite par la Cour européenne des Droits de l'Homme !!!
Marrant comme on zappe l'Europe quand elle produit des règles qui avantagent les crevards et comme on s'en sert comme bonne excuse pour faire semblant de renoncer à des promesses à la con qu'on avait bien l'intention de ne pas tenir, non?
putains de connards d'enculés d'ultalibéraux pousse-à-la grève de merde!!!!!!!!!
Ca y est, ma ville est aussi bloquée !
Il y a eu des AG aujourd'hui et la majorité l'a emporté pour la grêve.
Malgré le matraquage de la TV et des journaux qui poussent tous en avant la propagande gouvernementale à longueur de journée, malgré l'ineptie et la platitude des propos tenus, malgré les gros mensonges que tout le monde répète sans y réfléchir, malgré l'exacerbation de la jalousie, ils ont décidé de se battre.
Brève de l'une d'elle : "il y avait des flics de partout et des membres du medef et des jeunesses sarkozyennes qui prennaient la parole" "chaque fois que l'un d'entre nous leur mettait le nez dans leurs mensonges et leurs manipulations ils le huaient et le traitait de communiste, de rétrograde, d'égoïste"
Résultat ma ville est bloquée et on entend ici et là les cris des poujadistes et des sarkozystes frustrés, parceque ces enfoirés de fils de pute ultralibéraux veulent ENCORE détruire un sytème prenant en compte des situations différentes pour essayer de jouer aux AMERICAINS, comme du temps où ils pouvaient affirmer leurs convictions politiques sans qu'on rigole.
font chier!!!
(Evidemment c'est juste une parodie de l'excellent enholio)
M. Hirsch admet que seuls 50 % des RMistes sont inscrits à l'ANPE, "pour ne pas alourdir les statistiques"
Le haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a admis que seuls 50 % des allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI) sont inscrits à l'ANPE, et ce notamment parce "qu'on leur demande de ne pas s'y inscrire pour ne pas alourdir les statistiques", selon un compte rendu officiel de l'Assemblée nationale publié mercredi 7 novembre.
"De ce fait, il n'est jamais question pour eux d'accompagnement professionnel. Cela est totalement inacceptable", a-t-il ajouté devant les députés de la commission finances et affaires sociales, lors de l'examen des crédits de la mission solidarité dans le cadre du budget 2008.
"De plus, les dépenses de formation sont mal réparties et profitent peu aux moins qualifiés et aux personnes les plus éloignées de l'emploi. Il y a un jeu compliqué entre l'Etat, l'ANPE, les régions et les départements. Il faut revoir le rôle de chacun : redéfinir les prestations forcera à le faire", a estimé M. Hirsch.
----
Alors, les belles statistiques totalement pipeautées de l'INSEE...de toutes façons les ANPE font tout pour désinscrire un max de monde sous le moindre prétexte et en est même à demander aux rmistes de ne pas s'inscrire...voilà le résultat d'une politique axée uniquement sur les chiffres : magouilles, manipulations and co...
j'en ai marre des jugements réacs de certains qui se disent chrétiens ici, des "valeurs" etouffantes et moralisatrices...le christ est là pour nous libérer pas pour nous tenir la main et nous faire la morale...les pharisiens comme eux sont les chieurs qui pourrissent cette église depuis trop longtemps et lui donnent cette image castratrice et faux-cul.
Campagne pour la baisse de la TVA sur les préservatifs dans l'UE
Le groupe socialiste au Parlement européen, décidé à contribuer à la lutte contre le sida, a lancé jeudi une campagne en faveur de la réduction de la TVA sur les préservatifs.
"Ramener la TVA sur les préservatifs au niveau minimum serait à la fois une mesure pratique dans la lutte contre le sida et un geste symbolique fort" à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la maladie, le 1er décembre, a plaidé Jan Marionus Wiersma, vice-président du groupe, lors du lancement d'une pétition en ce sens sur internet.
Les 27 Etats membres sont libres de décider du montant de la taxe sur la valeur ajoutée, dont le seuil minimum est toutefois fixé à 5%.
BELIEF IN God is no guarantee of goodness. Piety without ethics - religious fanaticism - can be a prescription for great evil, as centuries of religious brutality and bloodshed make all too clear. A millennium ago, Crusaders massacred their victims to the cry of "Deus lo volt!" - "God wills it!" Islamist radicals exclaimed "Allahu Akbar" - "God is great" - as they beheaded innocent hostages and crashed airliners into the World Trade Center.
But you don't have to look back into history or to the global jihad for evidence that zealots who care more about God than about goodness bring cruelty and pain into the world. Consider instead the Westboro Baptist Church.
A self-described "Primitive Baptist" congregation led by Fred Phelps, the Westboro Baptist Church in Kansas is a fringe hate group obsessed with homosexuality. (It is not affiliated with any official Baptist convention.) It numbers only several dozen followers who travel the country with picket signs insisting that America has been cursed because of its tolerance for gays.
The essence of what the Westboro members call their "picketing ministry" is mockery of the victims of tragedy, and the cheering of deadly disasters. They claim that they "used to pray for the good of America" but decided that the nation is beyond redemption. Accordingly, they now "pray daily for more outpourings of God's justice and wrath on this evil, hateful nation" and celebrate "hurricanes, floods, tornadoes, earthquakes, IEDs, collapsing mines, and more" as instruments of divine wrath.
What the Westboro Church lacks in numbers, it more than makes up in rhetorical poison. Among the messages featured on its pickets are "God Hates Fags," "Thank God for Katrina," and "Thank God for the California Fires." The group's websites proclaim gleefully that the "Utah miners are in hell," as are "the Amish children in Pennsylvania" and "Coretta Scott King . . . with her husband."
Westboro has become especially notorious in recent years for demonstrating at the funerals of US troops killed in Iraq and Afghanistan. "These turkeys are not heroes," one of the group's websites sneers. "They are lazy, incompetent idiots looking for jobs because they're not qualified for honest work. . . . They voluntarily joined a fag-infested army to fight for a fag-run country now utterly and finally forsaken by God who Himself is fighting against that country."
As a legal matter, it is not easy to silence such contemptible spewings. The First Amendment, as Oliver Wendell Holmes wrote, safeguards not just "free thought for those who agree with us, but freedom for the thought that we hate." Several Legislatures have passed laws restricting protests in the vicinity of funerals, but such laws may be vulnerable on constitutional grounds.
A federal jury in Baltimore this week is weighing a different kind of legal challenge. The father of Lance Corporal Matthew Snyder, a 20-year-old Marine killed in Iraq, is suing the Westboro church for picketing his son's funeral last year with signs reading "God Hates You" and "Thank God for Dead Soldiers." Albert Snyder argues that the picketers' unwanted presence and naked cruelty should be punished as an unlawful invasion of privacy and intentional infliction of emotional distress. (Full details, and a fund to help defray the Snyder family's legal costs, are at matthewsnyder.org.)
But even if it isn't legally possible to stop the Westboro hatemongers, it is possible to learn from them. They offer a vivid demonstration of why belief in God is dangerous if it doesn't include the belief that God's foremost demand is that human beings act with kindness and decency. Fred Phelps and his followers appear to believe fervently in God. Their literature is replete with quotations from the Bible. But the only passages that appear to interest them are those that warn of God's punishment for wicked behavior. Glaringly absent from their signs, websites, and press releases is the central teaching of ethical monotheism - not just that there is a God, but that God wants men and women to be good to each other. God does not smile on those who taunt victims instead of helping them.
Does the Bible condemn homosexuality? Yes - but not nearly as often as it condemns those who treat others with cruelty. To the Westboro fanatics, no calling is higher than hating homosexuals and anyone who doesn't share their hatred. But the Bible they thump so intolerantly actually teaches something quite different:
"He has shown you, O man, what is good," the prophet Micah said. "What does God require of you but to do justice, and to love kindness, and to walk humbly with your God?" It is a shining mark in America's favor that the Westboro Baptist Church is so small.
En France, Monseigneur André Vingt-Trois, l'archevêque de Paris récemment fait cardinal, vient d'obtenir la plus haute fonction au sein de l'Église catholique française en étant, lundi 5 octobre, élu président de la Conférence des évêques de France.
Monseigneur André Vingt-Trois s'est constamment opposé à l’égalité des droits pour les gays et les lesbiennes.
Agé de 64 ans, il est depuis 2005, archevêque de Paris.
Au Vatican, membre influent du Conseil pontifical pour la Famille, cet ecclésiastique a multiplié ces dernières années les sorties contre l’ouverture du mariage aux homosexuels et cela, en toute occasion.
En octobre 2005, lors de la messe de rentrée proposée chaque année aux parlementaires français a été l’occasion pour l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois, d’appliquer à la lettre les consignes papales, c'est-à-dire faire pression sur les responsables politiques pour que les droits des homosexuels n’avancent pas.
Le prélat déclarait "On demande souvent d’engager la société dans la protection ou la justification des catégories particulières de citoyens ou de conduites contestables", et aussi "En cédant à un processus de légitimation des mœurs partielles ou de besoins particuliers, le législateur épuise sa mission de formuler les moyens nécessaires à la vie sociale".
Le Vatican avait alors menacé les hommes politiques qui voteraient des lois de reconnaissance des couples gays, d’interdiction de communion.
Cette interdiction de communion est déjà appliquée aux gays qui vivent leur sexualité.
En juin 2006, après d’autres sorties, il hausse le ton dans un registre nettement plus homophobe.
Interviewé dans "Famille Chrétienne", il énonce, sans sourciller "Entrer dans un certain type d’exercice de la sexualité, hors de l’union stable d’un homme et d’une femme, conditionne un certain type de vie sociale, qui peut être marqué par des formes de pathologie, de désespoir, de violence".
Très opposé à la pénalisation des propos homophobes, qu’il trouve donc normaux, et invoquant à ce sujet la liberté d’expression, André Vingt-Trois est aujourd’hui en France, l’un des leaders religieux chrétiens les plus homophobes.
Cette nomination en dit long sur la direction que prend l’Église catholique romaine française et sur son ouverture au sujet de la reconnaissance de la réalité homosexuelle.
En cela la Conférence des évêques de France appliquent les directives homophobes du pape Benoît XVI qui depuis son élection n’a cessé de stigmatiser l’amour homosexuel en le qualifiant d’"amour faible" et de déclarer l’homosexualité "satanique".
Qu’est ce que les gays peuvent encore attendre d’une telle Église? Définitivement, rien.
Seigneur, qu’a fait ton Église de tes enseignements?
En ce jour de Toussaint, je voudrai vous faire partager cette prière du pape Jean-Paul II à Hiroshima, le 25 février 1981.
Puisse cette prière être entendue par tous les saints et qu’ils intercèdent auprès de notre Seigneur pour qu’enfin règne la paix sur notre terre et dans les coeurs.
J'élève ma prière vers le Créateur de la nature et de l'homme, de la vérité et de la beauté :
Écoute ma voix, car elle est la voix de toutes les victimes de toutes les guerres et de la violence entre individus et entre nations.
Écoute ma voix, car elle est la voix de tous les petits enfants qui souffrent et souffriront chaque fois que les peuples mettront leur confiance dans les armes et dans la guerre.
Écoute ma voix quand je te prie de répandre dans le coeur de tous les êtres humains la sagesse de la paix, la force de la justice et la joie de l'amitié.
Écoute ma voix parce que je parle pour les foules de tous pays et de toute période de l'histoire qui ne veulent pas la guerre et sont prêts à parcourir le chemin de la paix.
Écoute ma voix et donne-nous la capacité et la force afin de pouvoir répondre à la haine par l'amour, à l'injustice par un total dévouement à la justice, à la misère par notre solidarité, à la guerre par la paix.
O Dieu, écoute ma voix et donne Ta paix, au monde, pour toujours !