.:Furyo Hideout:.




"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : rien, je n'ai pas envie...
Je regarde : rien, pas le temps...
Je lis : mes comics en retard...
Je joue : à faire le chat
Je mange : frais et bio
Je bois : de l'eau et des vodka-pomme
Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : doucement.
Je rêve : à plus de paix...
(mis à jour lundi 1 septembre 2008 à 01:05)

20/05/2008

20/05/08 - 00:49

Qu'on aime ca ou pas, le droit est toujours issu d'un consensus moral, qui dépend d'une époque et d'une société.
Donc, par là même, toute décision de droit est morale.

Le problème n'est pas d'avoir une morale ou pas, n'est pas des croyances personnelles à la base de cette morale, mais comment on conjugue ses valeurs morales avec celles des autres.

A force hypocritement rejeter la morale comme quelque chose de mal, de la traiter comme si elle n'était que subjectivité (est-ce qu'un ensemble de subjectivités rassemblés par million reste t'elle subjective ?) on s'est jeté dans les bras d'un autre extrême : le juridisme, qui, lui-même, n'est qu'une autre forme de subjectivité ou finalement la majorité morale écrase les autres minorités par un argument d'autorité.

Croyez-moi, ce débat de fond, je le tiens avec Matt depuis plus de 4-5 ans.
On a bien pris conscience que d'appliquer la loi s'est se faire serviteur d'une certaine morale, malgré soi.
Mais d'un autre coté, on ne peut rejeter une morale juste parce qu'elle est majoritaire, cette qualité là ne signifiant pas automatiquement qu'elle est mauvaise (c'est l'erreur que font généralement les Ras, Ronans and co).

Donc, il faut se forger une réflexion propre, une déontologie personnelle quant à la loi et rester cohérent avec soi.

Comme je l'expliquais dans mon précédent billet, Matt en a retiré une déontologie scrupuleuse.
Il a toujours maintenu le dialogue avec Nico ET avec ceux qui s' opposaient à certains de ses billets, mais est toujours resté maître de sa décision et de ses méthodes : il a choisi la pédagogie, la répétition, puis l'avertissement.

Nico, de mon point de vue, s'est comporté comme un gamin ingrat et en a abusé. Nico était au courant que Matt avait dû répondre devant la gendarmerie de certains de ses billets, il n'a pas voulu en tenir compte.

Déjà, personnellement j'aurai été cent fois moins patient et tolérant, je l'aurai viré après le 2eme avertissement, au moment où il a posté cette photo de garçon de 13 ans...Matt l'a sanctionné d'une semaine au piquet, Matt a pris pour lui à cause de ce billet et lui a encore laissé une chance.

J'en connais peu qui seraient resté aussi stoïcs et aussi attaché à ses valeurs.

Là, il se trouve que Nico a encore une fois poussé beaucoup trop loin, le couperet est tombé.

Je ne vois vraiment pas sous quel angle, qu'il soit moral, juridique, politique, on peut attaquer Matt, sauf, évidemment, à sortir les faits de leur contexte, sauf à généraliser outrageusement, sauf à penser au niveau d'un bar-tabac, sauf à avoir des comptes à régler.

Après on peut avoir envie de discuter de comment la pédérastie est vécue et traitée dans notre société, le débat est intéressant et Nico l'a involontairement lancé, mais je ne crois pas honnête de lancer une séance d'indignation, que je vis comme hypocrite, sur le thème "Matt=censeur".

J'aimerai être encore plus modéré, je regrette un peu ma pique d'introduction de mon dernier billet, mais il me semble qu'il est urgent de prendre du recul et de la mesure quand il y a autant de réactions émotionnelles, à vrai dire c'est faire tout à l'inverse à ce quoi on appelle les français quotidiennement.

commentaires

20/05/08 - 01:28

Voilà qui met les choses au clair :) Bravo !

20/05/08 - 07:51

C'est bien dit!!! :-)

20/05/08 - 07:57

De toute façon,ce dont a besoin Nico c'est, avant tout, d'un mec dans sa vie...ça lui retirerait le besoin de poster des choupinous,bien souvent beaucoup trop jeunes,il est vrai! :-( Je lui souhaite de rencontrer un type bien,de 18-25 ans s'il préfère(là il a le droit!) et que tout le monde soit heureux! voilà!

20/05/08 - 10:53

Ce dont Nico a besoin, c'est surtout d'une bonne grosse psychothérapie, sinon le mec qu'il se trouvera ne restera pas.

Pour avoir tenté de dialoguer une fois avec lui (pour essayer de comprendre les motivations d'une fascination aussi stérile pour les très jeunes hommes...), j'ai vite compris qu'il était dans une stratégie d'évitement totale de son immaturité affective. Bref, incapable de se corriger seul. D'où une bonne psychothérapie... au moins...

20/05/08 - 11:56

Bravo pour tout le post!
Et la fin est très à propos... "'il est urgent de prendre du recul et de la mesure quand il y a autant de réactions émotionnelles, à vrai dire c'est faire tout à l'inverse à ce quoi on appelle les français quotidiennement."
d'accord avec un savant mélange des opinions de buckley et tonela.

20/05/08 - 13:01

20/05/08 - 14:25

@ arth1ur : je t'ai répondu sur place.

20/05/08 - 15:00

Je ne savais pas que Matt avait eu des ennuis avec la gendarmerie à cause de Nico. La censure est dont réellement justifiée. (C'est tout de même de la censure : il peut-y en avoir de bonne, après tout).

"appliquer la loi s'est se faire serviteur d'une certaine morale, malgré soi." C'est très bien dit, et c'est très vrai.

20/05/08 - 17:22

Merci pour ce bel ajustement.
Je ne me cite que rarement, amis bon, j'ai répondu à RonanS dans un de mes derniers articles - le dernier, oui : http:/// qui pose de façon plus euh costaude certains des thèmes de ce débat. Mais tu dis tout ça plus court et plus accessible que je ne sais le faire.

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.