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"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : Seu Jorge
Je regarde : Battlestar Galactica saison 4 et La vie aquatique de Wes Anderson.
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Je cite : "Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : doucement.
Je rêve : à plus de paix...
(mis à jour mercredi 20 août 2008 à 01:07)

14/06/2008

14/06/08 - 16:23

«Sarkozy, la grande manipulation»

«L'imposture majeure: c'est le Sarkozy social. Le plus gros mensonge, c’est le traité de Lisbonne. La plus grande complicité médiatique, ce sont les chiffres de la récidive». Olivier Bonnet, journaliste et blogueur sur Plume de presse, décrypte les trucages du président de la République, avant et après son élection. Il vient de publier «Sarkozy, la grande manipulation» aux éditions les Points sur les i.

Vous venez de faire paraitre Sarkozy, la grande manipulation, une recension très impressionnante des mensonges et des impostures du président de la République. (...) C'est quoi pour vous la plus grosse imposture?

Sa plus grosse imposture, c'est pendant la campagne électorale, quand il a fait référence à Jean Jaurès.
Je parle du discours qui s'est déroulé le 13 avril 2007, lors du meeting de Toulouse.
Il avait cité Jean Jaurès une dizaine de fois au moins et il avait prétendu revendiquer l'héritage du droit du travail, de la sécurité sociale, de l'assurance chômage et des congés payés.

En passant en revue ces différents points, on se rend compte que toute sa politique consiste au contraire à mettre à bas et asséner des grands coups de pioche à tous ces éléments-là.
L'héritage du droit du travail: on sait qu'il n'a de cesse d'accorder au Medef toutes les souplesses qu'il désire pour que les salariés aient moins de protection.
Les congés payés: sa doctrine, c'est travailler plus pour gagner plus.
Il veut à toute force que les gens augmentent leur durée de temps de travail.
La sécurité sociale, il introduit les franchises médicales qui sont le doigt de l'engrenage de la fin de l'assurance maladie solidaire.
L'assurance chômage: alors qu'aujourd'hui il n'y a que 47,5% des chômeurs qui sont indemnisés, c'est encore trop.
On va radier les chômeurs qui refusent des offres valables d'emplois.
On va supprimer la dispense de recherche d'activité pour les seniors.
L'imposture majeure: c'est le Sarkozy social.
Qu'il ait osé se présenter comme quelqu'un de social, alors que sa politique a consisté à faire œuvre antisociale, c'est quand même la plus formidable des impostures.

Vous attaquez beaucoup la presse et les médias pour leur complicité, leur impuissance ou leur silence. C'est quoi à votre avis la plus grande complicité de la presse?

En réalité, Nicolas Sarkozy s'est construit, à la suite de son passage au ministère de l'Intérieur, un personnage de « cow-boy » qui se fait fort de restaurer l'ordre et la sécurité.
On sait que ses deux grand thèmes, ses deux points forts, sont la sécurité et l'immigration.
Or il a un bilan absolument calamiteux en tant que ministre de l'Intérieur.
Je fais allusion à l'augmentation de la criminalité qui a été constatée notamment par son préfet de la Seine Saint Denis.
Il l'a toujours nié mais les chiffres ne sont pas bons du tout.

Et puis bien sûr il y a eu les émeutes de 2005, avec l'état d'urgence, le couvre feu et 45.000 voitures brulées.
C'est donc une imposture de se présenter comme l'homme qui se fait fort de rétablir l'ordre.

Mais il y a un aspect précis, qu'il a invoqué lors de plusieurs émissions télévisées pour justifier de sa politique judiciaire répressive.
Il a dit plusieurs fois « je souhaite qu'on crée des peines planchers pour les multirécidivistes parce que 50% des délits, c'est 5% des délinquants ».
Quand on prend cette affirmation telle quelle, on se dit qu'effectivement il faut lutter contre les multirécidivistes, on va faire baisser la criminalité de moitié, si ce sont toujours les mêmes qui commettent ces délits...
Or ce chiffre est grossièrement faux.
Il faut faire appel aux statistiques de résolution des affaires.
Et dans 68% des cas on ne sait pas qui a commis le crime.
Presque sept fois sur dix, on ignore l'identité de l'auteur du crime.
Dire que la moitié des crimes sont commis par les mêmes, c'est impossible à dire, puisqu'on ne le sait pas.

Ce qui est grave c'est que ça, il l'a dit devant Arlette Chabot, dans l'émission A vous de Juger, à deux reprises.
Il a également affirmé ça au journal de 20 heures devant le duo François Bachi, Patrick Poivre d'Arvor...

--->l'intégralité de l'interview écrit et sonore sur : http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/06/bla-bla.html

commentaires

14/06/08 - 16:30

Un pour tous, tous pourris !

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.