.:Furyo Hideout:.




"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : rien, je n'ai pas envie...
Je regarde : rien, pas le temps...
Je lis : mes comics en retard...
Je joue : à faire le chat
Je mange : frais et bio
Je bois : de l'eau et des vodka-pomme
Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : doucement.
Je rêve : à plus de paix...
(mis à jour lundi 1 septembre 2008 à 01:05)

07/07/2008

07/07/08 - 19:06

Budapest : l'extrême droite s'en prend aux gays

(De Budapest) A l’occasion de la gay pride, plusieurs centaines de skinheads ont réussi par leurs attaques, et malgré une imposante présence policière, à perturber puis à interrompre le défilé. Les homosexuels de Hongrie deviennent une des cibles préférées d’une extrême droite grandissante.

Les actes de violence contre la communauté gay, relativement cachée car mal acceptée en Hongrie, ont donné le ton ces dernières semaines. Deux établissements, un bar et un club gay, avaient reçu des cocktails Molotov dans les jours précédant la Gay Pride. Celle-ci a failli être l’objet d’une interdiction sous le motif qu’elle allait perturber la circulation. Elle a finalement été acceptée, le long de la fameuse avenue Andrassy. Mais c’était compter sans l’extrême droite, en pleine explosion depuis deux ans.

En effet, partis, milices organisées, groupuscules et électrons libres se créent et grossissent depuis la réélection contestée du Premier ministre socialiste en 2006. Leur présence se fait de plus en plus sentir à Budapest. Après des heurts sporadiques, les fêtes nationales ont été l’occasion d’émeutes, puis les rassemblements de juifs et de Roms se sont vus perturbés. C’est désormais dans la rue que s’exprime une minorité violente dont les idées tendent de plus en plus à se normaliser, du salut nazi aux symboles d’extrême droite sur les voitures et les vêtements.

Agressions et violences de bout en bout de la parade abrégée

La Gay Pride a commencé sous haute surveillance, dans un climat de tension latente, avec la mobilisation de vingt bus et de cinquante minibus de police, incluant notamment des centaines de forces de l’ordre antiémeutes, alors que deux hélicoptères surveillaient la zone de départ. Une contre-manifestation avait été autorisée et les drapeaux nationalistes flottaient à proximité.

Dès le départ, les heurts ont éclatés sur un parcours encadré de bout en bout par des grillages métalliques, donnant plus l’impression d’un convoi de bestiaux plus que d’un défilé pacifique. Les quelques centaines de manifestants et les deux chars ont rapidement reçu des œufs, dont certains étaient remplis de peinture rose et d’autres, d’acide. Des sites d’extrême droite expliquaient depuis quelques temps comment procéder pour fabriquer ces projectiles. La police a également investi un squat sur l’avenue empruntée par le cortège, dans lequel on confectionnait des œufs emplis d’acide.

Des bandes de skinheads se sont attaquées au cortège et aux protections métalliques, alors que des combats rangés éclataient entre les policiers antiémeutes et d’autres skinheads à l’arrivée prévue de la manifestation. Pendant ce temps, les contre-allées et les rues adjacentes de ce quartier d’ambassades ont été le théâtre d’agressions multiples, alors qu’un certain nombre de manifestants se dispersaient pour ne pas subir les coups des assaillants.

Un journaliste politique de télévision dont les idées de centre-gauche sont affichées a été reconnu et battu par un skinhead, un sans-abri s’est fait rouer de coup à terre par un autre groupe, des bagarres ont éclaté entre des opposants à la manifestation et des policiers en civils, etc. La résidence de l’ambassade de Roumanie a été attaquée, ce pays voisin étant l’objet d’une haine féroce d’une partie de la population hongroise pour posséder la Transylvanie, territoire ayant appartenu à la grande Hongrie.

Climat de tension politique et de radicalisme idéologique

Au point d’arrivée prévu de la parade, qui a été arrêtée puis détournée, des cocktails Molotov ont été jetés, des pavés ont volé et un incendie a été provoqué sur la place des Héros, sorte de panthéon hongrois dont les sculptures représentent les grands hommes de la nation. Contre-manifestants et groupes de skinheads ont occupé la place, en se battant sporadiquement contre la police qui répondait à coup de canons à eau et de grenades lacrymogènes. Les quelques participants restants de la gay pride se sont vus encerclés par la police sans qu’il ne soit possible de les rejoindre, et la petite cérémonie de clôture a été abrégée, alors que des policiers en civil tentaient d’arrêter de petits groupes violents le long de l’avenue.

Ces événements font suite à un climat de tension politique et de radicalisme idéologique, combattu par un gouvernement contesté pour son élection et son inefficacité dans le domaine socioéconomique, mais sur lequel surfe le parti conservateur. Les agressions et insultes à l'encontre des minorités se multiplient ces derniers mois dans ce pays post-socialiste dont le corpus législatif est libéral pour ses défenseurs, et laxiste pour ses détracteurs. Le Premier ministre a appelé à des investigations sur ces nouvelles violences et à la formation d’une entité étatique destinée à examiner les méthodes pour combattre l’extrémisme.

Par Pierre Langlois : source

commentaires

25/08/08 - 14:20

Je suis navré de la situation des gays de Budapest. Les Hongrois sont charmants, sont (selon moi et une copine) les hommes les plus beaux de la planète, et lorsque j'ai vécu là-bas, l'homosexualité s'affichait un peu in the street sans que personne ne paraisse (ostensiblement) choqué.
Gays "libres", mesurez votre chance et tiens, prévoyez donc un petit séjour à Budapest l'année prochaine ! Vivez curieux !

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.