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"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : rien, je n'ai pas envie...
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Je lis : mes comics en retard...
Je joue : à faire le chat
Je mange : frais et bio
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Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : doucement.
Je rêve : à plus de paix...
(mis à jour lundi 1 septembre 2008 à 01:05)

11/07/2008

11/07/08 - 03:41

Quand Rome rate le train de l’Histoire

Le 25 juillet 1968, Paul VI fermait la porte à la contraception "artificielle" dans son encyclique Humanæ Vitæ. Depuis, l’interdit demeure, éloignant de nombreux couples de l’Église catholique et ruinant le discours familial et sexuel de celle-ci.
Retour sur un raté durable.

Juillet 1968.
L’euphorie politique française a laissé place à la résignation gaulliste.
Les catholiques, encore dans les vapeurs émancipatrices de Vatican II, attendent enfin que Rome ouvre la voie à ce que la loi française autorise désormais : la contraception. Et arrive Humanæ Vitæ.
L’encyclique fait l’effet d’une douche froide pour les couples.

40 ans après, quoi de neuf ?
Rien.
Pire, Jean-Paul II et Benoît XVI ont refermé la porte que Paul VI, plus hésitant que convaincu, avait laissé un peu entrouverte. Depuis Humanæ Vitæ, le discours officiel catholique sur la famille et la sexualité a perdu sa crédibilité, tant – sur ces questions – le dogmatisme étouffe l’humanité.

Face à la question de la contraception, les familles catholiques sont désormais scindées en plusieurs troupeaux.
Une minorité milite pour les méthodes "naturelles", particulièrement contraignantes et au taux d’échec important.
La grande masse agit davantage selon sa conscience qu’en suivant les diktats des célibataires du Vatican.

Et quelques fidèles se battent pour que l’erreur historique de 1968 soit un jour réparée...

La Note pastorale de l’épiscopat français, votée à l’Assemblée plénière de Lourdes, au début de novembre 1968, avec son article 16 commençant par ces deux phrases : "La contraception ne peut jamais être un bien. Elle est toujours un désordre, mais ce désordre n’est pas toujours coupable. Il arrive, en effet, que des époux se considèrent en face de véritables conflits de devoirs."
À partir de la notion de "conflits de devoirs", les évêques français renvoyaient chaque couple à sa conscience pour "rechercher devant Dieu quel devoir, en l’occurrence, est majeur". Des catholiques pouvaient ainsi décider de pratiquer la contraception condamnée par Humanæ Vitæ.
La presse française s’empressa de répercuter la bonne nouvelle qui apaisa nombre de consciences – c’était l’objectif délibérée de la Note pastorale –, sans satisfaire les catholiques les plus intransigeants.

Des scientifiques catholiques de renom se sont rebellés lorsque Paul VI a rendu publique son Encyclique le 25 juillet 1968.
Parmi eux se trouvaient les pionniers du mouvement bioéthique né au même moment aux Etats-Unis.
Daniel Callahan, fondateur du Hastings Center, une des institutions phares de la bioéthique américaine, publiera dès 1969 un brûlot à l’encontre des thèses d’Humanae vitae.
Même réquisitoire chez André Hellegers - qui fut vice-président de la commission pontificale sur la régulation des naissances de 1964 à 1966 -, à l’origine de la fameuse école de Georgetown qui domine aujourd’hui sans partage les discussions bioéthiques à l’échelle de la planète.

Principe d’autonomie de l’individu, refus d’une vérité morale objective, théorie du moindre mal, relativisme éthique en sont les soubassements intellectuels. La nouvelle discipline bioéthique s’est construite dès le début dans une attitude de confrontation avec l’enseignement de l’Eglise en s'opposant aux principes de la loi morale naturelle.

Humanae Vitae soulève la colère des catholiques

Jean XXIII avait retiré la question de la contraception de l’ordre du jour du deuxième Concile du Vatican. Il avait plutôt constitué une commission qui devait le guider sur cette question, se réservant à lui-même la décision finale. On affirmait à l’époque que bien de nouveaux facteurs – médicaux, biologiques, psychologiques, sociologiques et démographiques – jetaient un doute sur l’interdiction traditionnelle.

Jean XXIII est décédé durant le Concile et Paul VI a été élu Pape. Sur la question de la contraception, il a maintenu et élargi la commission formée par son prédécesseur. Cela a naturellement donné l’impression que l’Église remettait en question son interdiction de la contraception artificielle. On supposait que ce réexamen pouvait aboutir dans un sens ou dans l’autre : l’interdiction pouvait être maintenue ou levée. Avec cette alternative dans l’air, les mois ont passé. Le Concile a pris fin en 1965 et la décision n’était toujours pas prise. Les années ont passé – presque trois années.

Ceux qui estimaient possible et désirable la levée de l’interdiction faisaient entendre leur voix. Le bruit courait que la commission informait le Pape que les anciens arguments contre la contraception artificielle ne tenaient plus. L’opinion reçue parmi les théologiens était que la contraception artificielle ne serait plus interdite par le Magistère de l’Église.

Il est important de comprendre l’atmosphère de ce temps.
Des théologiens moralistes de renom, à l’extérieur comme à l’intérieur de la commission, écrivaient en faveur de la suppression de l’interdiction.
Cela devint, naturellement, un sujet de discussion dans les collèges et les séminaires catholiques romains, et au-delà. La discussion se poursuivit dans des publications à grand tirage.
On espérait voir l’Église revenir bientôt sur son interdiction, ce qui influença la pastorale.
Il fallait difficilement s’attendre à ce que les couples qui se préparaient au mariage soient orientés vers une interdiction dont les jours étaient comptés.
Il est probable que les confesseurs eux aussi réagissaient différemment avec les pénitents qui utilisaient la contraception.

C’est dans cette atmosphère que l’annonce du mois de juillet 1968 est survenue en faisant l’effet d’une véritable bombe. Une réaction de colère était inévitable de la part de ceux qui avaient engagé leur réputation professionnelle en prenant parti pour la levée de l’interdiction.
Ceux qui avaient participé aux travaux de la commission papale et recommandé avec insistance, et de manière persuasive, pensaient-ils, la levée de l’interdiction, se sentirent trahis.

Pourquoi le Pape n'a-t-il pas tenu compte de leur avis ?

Un théologien moraliste suisse, le père Anton Meinrad Meier, résigna ses fonctions au séminaire de Solothurn en protestation contre Humanae Vitae. Le père Meier déclara que l’encyclique " subordonne le sens commun aux lois biologiques et au Magistère de l’Église et par conséquent se contredit ".

Mgr Joseph Gallagher, passant par Rome en revenant d’un pèlerinage en Terre sainte, s’arrêta pour faire une déclaration annonçant qu’il abandonnait le titre de Monsignor.

Le père Gallagher, traducteur en anglais des actes du deuxième Concile du Vatican et ancien professeur de philosophie thomiste au St. Mary’s Seminary de Baltimore, a expliqué son geste en disant que le titre de Monsignor devrait impliquer une allégeance spéciale au Saint-Père. Humanae Vitae le mettait dans l’impossibilité de continuer à lui témoigner une telle allégeance. Dans l’ensemble, le père Gallagher trouvait l’encyclique Humanae Vitae " tragique et désastreuse ".

Si Paul VI avait préservé la logique interne de l’autorité papale, il avait gravement endommagé son acceptabilité rationnelle, ou du moins c’est ce que pensait le père Gallagher. Le prêtre trouvait que l’enseignement de la nouvelle encyclique était intellectuellement, émotivement et spirituellement répugnant.
Il poursuivait sa déclaration en disant qu’accepter le jugement de l’encyclique équivalait à admettre le droit pour l’Inquisition d’employer la torture physique.

Le père Hans Küng, professeur de théologie à Tübingen, a déclaré à la radio de Zurich que les catholiques devraient prendre Humanae Vitae au sérieux et le lire loyalement, mais s’ils en concluaient que leur mariage serait mis en danger en suivant ses principes, ils devaient suivre leur propre conscience.
En faisant cela, ils ne devraient pas se considérer pécheurs.
Dans l’ensemble, il considérait qu’ Humanae Vitae représentait une crise, la crise la plus sérieuse des temps modernes. Il y voyait un bon côté, cependant, en ce qu’elle obligerait l’Église à réévaluer ses concepts d’autorité et d’infaillibilité. " Cela doit être fait en reconnaissant que l’Esprit divin a renouvelé l’Église à maintes reprises en dépit des erreurs des papes, des évêques, des théologiens, des prêtres, des hommes et des femmes.

Mgr Lambruschini, un membre de la commission formée par le Pape, semblait se donner beaucoup de peine pour assurer que l’enseignement d’ Humanae Vitae " n’était pas irréformable ".
Il faisait remarquer que l’encyclique ne devait pas être considérée comme une déclaration infaillible; elle était néanmoins une déclaration de l’autorité enseignante de l’Église et les catholiques devaient lui accorder leur "plein et loyal assentiment".
Cependant, selon Mgr Lambruschini, l’encyclique ne mettait pas un terme à la discussion théologique du sujet de la régulation des naissances, même si elle " ne laissait pas la question de la régulation des naissances dans un état de vague incertitude ".

Mgr Lambruschini parlait évidemment de subtilités théologiques que seuls des professionnels pouvaient être en mesure de saisir. Humanae Vitae maintenait que la contraception artificielle était opposée à la loi divine parce que contraire à la nature du mariage et à l’amour conjugal. En un mot, elle affirmait que la contraception était une violation de la loi naturelle. Dans ce cas, comment pouvait-on considérer le jugement réformable ?

La confusion augmente parmi les laïcs

Rares étaient les laïcs catholiques qui avaient personnellement étudié le raisonnement derrière l’interdiction de la contraception artificielle par l’Église.

Bien des couples catholiques entendaient de leurs prêtres qu’ils pouvaient licitement, en bonne conscience, utiliser des moyens contraceptifs. Ces prêtres se basaient sur l’opinion de théologiens , si nuancée qu’aient pu être les discussions parmi les théologiens, l’avis parvenu jusqu’aux couples mariés était qu’ils pouvaient eux-mêmes décider de cette question en prévision de la décision à venir.

Il n’est guère surprenant qu’ils furent nombreux à utiliser des moyens contraceptifs, habituellement la pilule. L’apparition d’ Humanae Vitae a placé ces couples mariés dans la position difficile d’entendre que l’avis qui leur avait été donné était mauvais. Ils ne pouvaient pas continuer à utiliser la pilule ni aucun autre moyen contraceptif.

La Tradition chrétienne assigne aux théologiens la responsabilité particulière d’évaluer et d’interpréter les proclamations du Magistère à la lumière de l’ensemble des données théologiques opératives pour chaque question ou déclaration.

Heureusement une encyclique n’est pas un enseignement infaillible.
L’histoire montre qu’un grand nombre de déclarations revêtues d’une autorité d’importance égale et même plus grande se sont avérées par suite inadéquates ou même erronées. Par le passé, des déclarations autorisées sur la liberté religieuse, le prêt à intérêt, le droit au silence et les fins du mariage ont toutes été subséquemment corrigées.

Chacun sait que l’Église enseigne que les catholiques peuvent se dissocier des enseignements autorisés, non infaillibles du Magistère, lorsqu’il existe pour cela des raisons suffisantes.

Libéraux vs. conservateurs

Dans les années qui ont suivi Vatican II, la polarité libéral - conservateur, qui avait été établie dans la plupart des rapports des sessions de Vatican II, continuait de servir habituellement d’explication aux querelles entre catholiques. Il y avait les libéraux, et il y avait les conservateurs. Ils s’étaient affrontés durant le Concile, et les libéraux avaient gagné.
Le drame de la période post-conciliaire était que les conservateurs tentaient de faire marche arrière pour défaire l’œuvre du Concile.

Depuis le Vatican, siège des conservateurs, tente de récupérer le Concile.

En 85 je pape convoqua un synode extraordinaire des évêques au Vatican, vingt ans jour pour jour après la clôture du deuxième Concile du Vatican.

Ce rassemblement a été amené et mis en place par le cardinal Ratzinger (futur Benoit XVI, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – jadis le Saint Office de l’Inquisition romaine) qui avait passé l'année dans des déclarations médiatiques, parlant de "fausse interprétation" du concile, assimilant "l'autocritique à l’autodestruction", identifiants des cause externes (celle de la révolution culturelle qui a secoué l’Occident) : l’idéologie libérale radicale avec son caractère individualiste, rationaliste et hédoniste et des causes internes qui auraient été ces forces centrifuges, cachées et agressives – tantôt malveillantes, tantôt non – qui ont cherché à épouser les pires aspects de la modernité (les théologiens qui ont critiqué l'encyclique).

Le cardinal Ratzinger et le Vatican étaient décidément insatisfaits de la direction prise par l’Église depuis Vatican II. Beaucoup pensent que cette insatisfaction a conduit directement au second Synode extraordinaire.

Evidemment, le synode à décidé, sur recommandation des évêques, que pour remédier à cette "confusion" causée par les théologiens, il fallait publier un catéchisme ou compendium de la doctrine catholique. (puisqu'on a eu tort, refaisons les règles du jeu).
Ce qui a donné le Catéchisme de l’Église catholique qui, lorsqu’il est apparu en 1992, a été comme on pouvait s’y attendre attaqué et rejeté par divers théologiens et symposiums théologiques.

Les évêques allaient-ils réellement agir comme maîtres et gardiens de la Foi dans leurs diocèses ?
Allait-on prendre des mesures pour contrer l’assaut mondial des théologiens dissidents contre le Magistère et corriger la perturbation et la distorsion consécutives dans l’enseignement de la morale catholique ?

La réponse à toutes ces questions, globalement, a été non.

Et l'excuse des conservateurs a été de dire que les catholiques adversaires du Pape dominaient les facultés des séminaires et les départements de théologie des universités et qu'ils avaient aussi pris le contrôle des chancelleries et que beaucoup trop d’évêques sont entourés de bureaucraties qui portent la marque d’une théologie dissidente.

L’intransigeance de Rome sur Humanæ Vitæ accula vite les évêques français à "oublier" leur audace et leur Note pastorale de 1968 ! On sait combien Jean-Paul II, si passionnément attaché à l’encyclique, revint sans cesse, au cours de son pontificat, sur la question de la contraception.

En novembre 1988, devant un congrès international de théologie morale, il n’hésita pas à déclarer que la doctrine d’Humanæ Vitæ avait été "inscrite par la main créatrice de Dieu dans la nature même de la personne humaine et confirmée par Lui dans la Révélation." Le pape affirmait ainsi implicitement que cette doctrine était infaillible, sans oser, pourtant — et c’est capital -, aller jusqu’à la formulation solennelle "ex cathedra".

Les théologiens dissidents se refusent à prêter serment de fidélité suite à une tentative ouverte de mise au pas.

En 1989, l’Église chercha à s’assurer que ceux qui ont pour fonction d’enseigner au nom de l’Église partagent la Foi de l’Église. Le Vatican annonça que ces personnes devaient faire une profession de Foi et prêter serment de fidélité aux enseignements de l’Église. Cela s’appliquait naturellement à ceux qui enseignaient la théologie.

Le serment demandait explicitement "Avec une foi inébranlable, je crois aussi à tout ce qui est contenu ou transmis dans la parole de Dieu, et à tout ce qui est proposé par l'Église pour être cru comme divinement révélé, que ce soit par un jugement solennel ou par un magistère ordinaire et universel. (...) Tout particulièrement avec un respect religieux de la volonté et de l'intelligence, j'adhère aux doctrines énoncées par le Pontife Romain ou par le Collège des Évêques lorsqu'ils exercent le magistère authentique, même s'ils n'entendent pas les proclamer par un acte décisif. " Difficile d'être plus clair...

La Vatican menace de punir les dissidents et crispe la situation.

Le Magistère a publié en juillet 1998 une lettre apostolique destinée à défendre explicitement la Foi contre les théologiens dissidents. Cette lettre apostolique est intitulée Ad Tuendam Fidem (" Pour défendre la Foi ")...tout un programme. Elle introduit de nouvelles normes dans le droit canonique et y inscrit l’interdiction de toute prise de position n'allant pas dans le sens de la doctrine concernant la foi ou les mœurs que le Magistère de l'Église propose comme définitifs. (en résumé, ta gueule !)
En citant l’obligation de fidélité mentionnée dans la loi canonique (le canon 750) elle-même, cette lettre ne laisse aucune échappatoire aux dissidents.

Tuant le choix d'agir en conscience (et donc se coupant d'eux-même de la théologie thomiste qu'elle dit suivre), les conservateurs tuent à la racine tout dialogue et posent le magistère papal dans une unique relation d'autorité et réaffirment la prédominance aveugle du pape dans tous les domaines.

Quarante ans après "Humanae vitae", la pilule ne passe toujours pas.

L'abbé Victor-Alain Berto, le théologien privé de Mgr Lefebvre (qui a fondé le schisme traditionnaliste dans les années 80) au Concile Vatican II, et secrétaire du Coetus Internationalis Patrum (groupe des évêques traditionnalistes) pendant le Concile, a affirmé par exemple :
"Il y a aussi des cas où le Magistère ordinaire de l'Église, sans déclaration en forme, sans définition promulguée, est INFAILLIBLE : c'est quand il est constant, quand il est universel, quand enfin il donne le contenu de son enseignement comme objet de foi, ou en connexion nécessaire avec la foi."

Ca résume toute cette pensée nauséabonde et détachée de toute réalité humaine.

Alors que le cardinal italien Carlo-Maria Martini, 81 ans, presse le pape d'"indiquer une voie meilleure que celle de Humanae vitae", celui-ci en fait au contraire l'éloge. Dans "Conversations nocturnes à Jérusalem", l'ancien évêque de Milan, qui avait recueilli les voix des cardinaux progressistes lors du conclave pour désigner le successeur de Jean Paul II en 2005, réclame également le respect pour les couples homosexuels, la levée du célibat obligatoire des prêtres et l'ouverture au diaconat des femmes.

En réponse, dans un discours prononcé le 10 mai à l'université pontificale du Latran, Benoît XVI salue Humanæ Vitæ qui devint rapidement un "signe de contradiction" et se voulait un "geste courageux": aujourd'hui encore, cet enseignement manifeste "sa vérité de façon immuable". Comment l'amour conjugal pourrait-il rester fermé au don de la vie? s'exclame le pape. A la lumière des nouvelles découvertes scientifiques, "nous ne pourrons jamais permettre que la domination de la technique puisse invalider la qualité de l'amour et le caractère sacré de la vie".

L'Église du "régime de monarchie absolue" (P. Congar)

Ce serait se faire de fausses illusions que d’imaginer un changement de ton avec Benoît XVI.
Non seulement parce que l’Église met très, très longtemps avant de reconnaître ses erreurs, mais surtout parce que le nouveau pape a beaucoup contribué au sacre d’une morale catholique entièrement fondée désormais sur la loi naturelle (cf. l’encyclique Veritatis Splendor de 1993).

Dans un discours prononcé le 10 mai dernier, à l’occasion d’un colloque organisé à Rome pour le quarantième anniversaire d’Humanæ Vitæ, Benoît XVI soulignait que l’encyclique de Paul VI réaffirmait "la continuité de la doctrine et de la tradition de l’Église", une vérité immuable fondée sur la "loi naturelle".

Tous les évêques français d’aujourd’hui ne sont certainement pas convaincus en conscience de cet enseignement venus de Rome mais il est, pour eux, urgent de se taire.

Mais ca n'est pas parce que ca n'est pas facile qu'il ne faut pas se battre pour que cette situation change.

commentaires

11/07/08 - 23:24

2 commentaires hors sujet et haineux, bye...

12/07/08 - 01:46

Bon,alors je n'en rajouterais pas lol!
Mais tu sais furyo, tu as des églises qui ne demandent qu'a t'accueillir dans le plus total respect de ce que tu es,demande a Ben d Bruxelles!Courage frère humain,et penses que la République te permet d'être toi même, ou presque!;)

12/07/08 - 12:41

@skrool : j'ai pas pour habitude de lâcher le terrain aux extrémistes :)

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.