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"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."
- Etienne de La Boétie.

J'écoute : Coltrane, Dave Brubeck Band, Aretha Franklin, Johnny Cash
Je regarde : du travail d'artisan doué
Je lis : Les Forbans de Cuba, par Dan Simmons.
Je joue : à me reposer
Je mange : frais et bio et sans glucides
Je bois : de l'eau
Je cite : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère"
- Baudelaire
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison. "
- Lautréamont
Je pense : "Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité."
- le Qoeleth
Je rêve : (ne) pas, j'agis.
(mis à jour mercredi 3 décembre 2008 à 10:38)

21/08/2008

21/08/08 - 02:28

Ca bouge chez les catholiques et même au Vatican...un peu...

Une revue jésuite milanaise se prononce en faveur de la reconnaissance officielle des unions homosexuelles. Il n'est pas nécessaire de réviser la position catholique sur l'homosexualité - un désordre selon le magistère - pour considérer qu'une telle reconnaissance est bénéfique pour la société, parce qu'elle stabilise les relations homosexuelles et impose aux deux membres du couple une obligation de solidarité l'un pour l'autre.

«En partant des positions du magistère, nous avons exploré s'il est possible de soutenir la reconnaissance d'un lien stable entre deux personnes, même si elles sont du même sexe, non sur la base de la connotation sexuelle de ce lien, mais plutôt de son intérêt social et constitutionnel», explique Carlo Casalone, de la revue Aggiornamenti sociali. Ce dernier a appuyé sa réflexion sur une phrase du cardinal Ruini qui avait indiqué qu'il était hors de question de les comparer au mariage et à la famille, et que toute solution aux revendications des homosexuels devait «préciser les devoirs et non seulement les droits» de ces derniers. L’article avance que des relations homosexuelles stables impliquent des «droits et des devoirs» vis-à-vis de la société. Par contre, pas question de définir ces droits et devoirs. «C'est un travail juridique plus technique», explique le père Casalone.

L'approche rappelle une solution trouvée par le cardinal Levada quand il était cardinal de San Francisco. Il faisait face alors à la menace d'une poursuite judiciaire pour forcer le diocèse à respecter un règlement municipal imposant aux régimes d'assurances de reconnaître les couples homosexuels. Il avait proposé avec succès que les employés du diocèse puissent désigner comme co-bénéficiaire de leurs assurances quiconque habitait avec eux. Ce compromis l'a rendu suspect aux yeux des partisans d'une stricte adhésion aux dogmes catholiques, qui ont été déçus quand Benoît XVI l'a nommé à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Selon le père Casalone, «Le contexte est différent. L'accent était alors mis sur la revendication de droits plutôt que sur la prise en charge de devoirs, ce qui est au contraire l'un des points les plus forts de notre réflexion. Nous voulons trouver une manière de garantir, pour les gens qui vivent ensemble, une solidarité réciproque, une solution qui protège les plus faibles. Mais il est vrai que Mgr Levada a proposé une solution qui va au-delà de la connotation sexuelle du lien entre un employé de son diocèse et la personne désignée comme co-bénéficiaire des assurances. C'est aussi un élément clé de notre réflexion.»

Cette prise de position ne surprend pas John Allen, de l'hebdomadaire américain The National Catholic Reporter. «Il y a au sein de l'Église des gens qui ne veulent rien savoir des unions homosexuelles de peur d'affaiblir le magistère. Mais il y a aussi des gens, assez haut placés, qui pensent que le vide juridique actuel crée des injustices auxquelles il faut remédier, et que cela ne remettra pas en question la morale sexuelle catholique. Je ne pense pas que le pape tranchera dans un sens ou dans l'autre. Il laissera ça à son successeur, pour laisser mûrir les opinions.»

À peine nommé, en 2005, Benoît XVI a commandé une étude sur l'utilisation des préservatifs par les couples hétérosexuels sérodiscordants, où l'un des deux membres est atteint du sida. Après une année de réflexion, la Commission pontificale pour la pastorale des services de la santé a rendu son verdict: d'accord pour les préservatifs dans ce cas précis, parce que l'objectif n'est pas d'empêcher la procréation, mais surtout de protéger la santé. Depuis, le dossier semble mort.

«Benoît XVI a donné un signal clair qu'il voulait une vraie réflexion sur la question en donnant le mandat de l'analyse à la Commission pontificale plutôt qu'à la Congrégation pour la vie, qui a beaucoup plus tendance à voir ce genre de question sous l'angle de la morale sexuelle», a expliqué John Allen du National Catholic Reporter.

Contrairement à ce que l’on pouvait croire, il semble que les gays puissent encore espérer un assouplissement du Vatican concernant les questions homosexuelles mais il est vrai que la lenteur de l’Eglise est légendaire ainsi que le don qu’elle a de couper les cheveux en dix.

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Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels


De l'identité bisexuelle :

La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel-le-s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie.
Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons.
Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément.
Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat).
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain-e-s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer.

De la dignité bisexuelle :

L'identité bisexuelle n'est ni plus digne ni moins digne que les identités hétérosexuelle et homosexuelle.
Pour nous, la liberté ne consiste pas seulement en ce que l'on peut choisir sa vie, mais aussi en ce que l'on peut en changer. Cette liberté-là nous expose à la biphobie.
Nous sommes pleinement responsables à l'égard de nos proches et de la société. Simplement, nous ne pouvons nous accomplir si nous devons sacrifier notre identité bisexuelle.

Comme beaucoup de citoyen-ne-s lucides, nous remettons en cause la domination masculine et la norme hétérosexuelle prépondérante.
Nous luttons contre toute hiérarchie des genres et contre l'ordre normatif masculin qui impose la marginalité aux personnes homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles et transgenres.

Nous refusons également la nouvelle normativité gaie et lesbienne, qui voudrait réduire la sexualité aux deux seules catégories hétérosexuelle et homosexuelle.
Nous sommes pour une bisexualité qui permette à chacune et à chacun de vivre ses désirs sans être stigmatisé(e).
À cette fin, par notre visibilité et par la valorisation de modèles bisexuels, nous nous employons à prévenir le désarroi des plus fragiles d'entre nous.

Afin de réduire les multiples difficultés (sociales, familiales, économiques) entraînées par ces discriminations, nous nous élevons contre la catégorisation des comportements sexuels et affectifs décrétée par les pouvoirs (religieux, médical, juridique, médiatique, etc.)

Des droits des bisexuel-le-s :

Nous exigeons :
d'être reconnu-e-s comme bisexuel-le-s quelle que soit notre situation passée ou actuelle
de voir la bisexualité considérée au même titre que les autres sexualités
de pouvoir vivre nos inclinations affectives ou sexuelles sans avoir à les justifier
de pouvoir fonder la famille de notre choix (célibat, couple, multipartenariat) et dans tous les cas de voir reconnu notre rôle éventuel de parent
des espaces où il soit possible de s'exprimer, d'échanger et de partager des expériences avec d'autres personnes bisexuelles
des médias qu'ils rendent compte de l'existence des bisexuel-le-s au même titre que celle des hétérosexuel-le-s et des homosexuel-le-s
que les politiques d'éducation et de prévention - notamment en rapport avec les Maladies Sexuellement Transmissibles - traitent la bisexualité avec le même respect et la même importance que l'hétérosexualité et l'homosexualité.

Par ce manifeste, nous nous déclarons solidaires de toutes les personnes dont la sexualité est injustement marginalisée, réprimée ou exploitée.
Nous défendons le droit à une sexualité sans honte, sans rejet, sans violence. Respectant chacune et chacun dans sa différence, nous, bisexuel-les-s, luttons pour la liberté de toutes et de tous.